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Survol de l’évolution des techniques de fabrication du Verre à travers les âges

samedi 17 janvier 2004 , par Pitot Jean-Pierre, Vareilhes Alain , Commenter

A travers les quelques paragraphes qui vont suivre, nous allons nous efforcer de circonscrire à notre canton et à ses abords immédiats, les implantations des verreries forestières, qui du Moyen-Age à la Révolution française, ont eu une incidence considérable sur la vie économique et sociale de notre région. Auparavant, nous allons tracer succinctement les grandes lignes de l’épopée du verre, depuis ses origines jusqu’à nos jours, afin d’aider le lecteur à mieux situer ces quelques événements locaux dans un contexte historique et géographique plus général.
La plupart des informations citées dans ces articles proviennent de deux ouvrages essentiels sur le sujet et auxquels nous vous conseillons de vous référer tant ils sont passionnants, à savoir : "Les verreries du Languedoc" de St Quirin (1904) et "Les gentilhommes verriers et l’industrie du verre en Languedoc sous l’ancien régime" de Félix Rodes (1951).


La verrerie a pris son essor à partir du XIXe siècle.

Jusque là, seul, le verre "récipient" jouissait de la faveur du public. L’industrie du verre qui se transmettait à la descendance, restait un art mystérieux jalousement gardé. Il ne faut pas oublier que Colbert envoya à Venise des espions qui parvinrent à dérober le
secret de la fabrication des glaces. Ces faits divers, dignes de la série noire, sont à l’origine de la création des très sérieuses verreries de la Saint-Gobain.
Au XIe siècle, la canne à souffler révolutionne radicalement le procédé de fabrication. Cette technique du verrier est une sorte d’art créatif sacré ou du moins d’inspiration divine. Il est dit dans les écritures : "Il souffla sur la matière, il lui donna la vie et elle était à son image". Que fait donc le verrier de si différent ?

  Les verriers antiques

C’est l’empereur Auguste, à la suite de sa victoire d’Actium, qui importe les artistes verriers phéniciens et syriens qui sont à l’origine de cette nouvelle science.
Les invasions romaines propageront par la suite l’art du verre et ce sont les Romains qui vont inventer le verre à vitre, obtenu en écrasant la pâte de verre entre deux planches de bois.
L’empire romain s’effondre. L’empereur Constantin attire les verriers à Byzance en leur accordant le privilège d’exemption des charges publiques. Pendant un millénaire, la verrerie byzantine innovera et marquera sa suprématie technique.

  Les XIIIe et XIVe siècles : Suprématie des Vénitiens

Spécialité de l’Orient, le verre transite par Venise qui deviendra, après la prise de Constantinople, le premier producteur de verre d’Europe. En 1291, les verriers Byzantins fabriquent les premières glaces soufflées dans la presqu’île de Murano où ils se sont installés. Le moine bénédictin Théophile, obtient par prélèvements successifs, une paraison suffisante au bout de sa canne. Il souffle dans celle-ci en la faisant tourner et obtient une sorte de bouteille dont il supprime le culot, puis fend sur une génératrice le cylindre obtenu. Il le réchauffe dans un four et enfin le déroule en feuille avec une massette en bois. En France, l’art du verre connaît un essor considérable.

  L’âge d’or de la verrerie française du XVIe au XVIIIe siècle

Dès la fin du XVIe siècle, les souverains français attirent les artisans vénitiens. La France compte 2 000 ateliers. Henri IV règle définitivement l’attribution des privilèges aux gentilhommes verriers. Colbert s’attaque au monopole des miroirs provenant de Venise (nous savons de quelle façon).
La première fabrique de bouteilles naquit en France au XIIe siècle. L’usage de ce récipient ne s’est répandu dans notre pays que quatre siècles plus tard pour le stockage des vins. C’est au début du XVIIIe siècle que la bouteille "clissée" enveloppée d’osier est remplacée par la bouteille "anglaise" en verre noir. En 1616, un nommé Garsonnet de Rouen, manquant de bois, utilise du charbon pour chauffer ses fours. Il est bientôt imité par de nombreux concurrents, notamment Anglais dans les années 1640.

  Les XVIIIe et XIXe siècles, la mécanisation

Au XVIIIe siècle, le développement de l’industrie du verre est planétaire. En France, après la révolution, beaucoup de verreries disparaissent, victimes du progrès, de la mécanisation des techniques, du manque de politique commerciale et de l’éloignement des centres urbains. Le XIXe siècle est marqué par la verrerie industrielle et l’évolution technique. Les améliorations sont de plus en plus rapides, en 1840, on tisse du verre étiré, on crée le verre armé, le verre de laboratoire... A Cognac, en 1894, Claude Boucher réussit à mettre au point une machine semi-automatique qui fabrique des bouteilles. L’Exposition Universelle de Paris en 1900 verra le triomphe du verre "matériau de construction" avec la création du palais lumineux.

P.-S.

Article de presse écrit pour "La Garrigue entre la Séranne et le Pic Saint Loup", n°74
Septembre 1993

Cet article précède l’article Les verreries forestères dans notre région

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