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La cétoine dorée - Cetonia aurata (Linnaeus, 1761)

lundi 21 septembre 2009 , par Elouard Jean-Marc , 3  Commenter

Rose Chafer (Anglais)

Les Cétoines sont des Coléoptères qui appartiennent à la très grande famille des
Scarabaeiformia (scarabées). De nombreuses espèces sont floricoles (aimant les
fleurs) et héliophiles (prisant le soleil), mais d’autres ne quittent guère les hautes
frondaisons où elles recherchent les suintements issus de plaies des arbres ou de
maladies.

Ces insectes sont très prisés des collectionneurs, car beaucoup sont très
vivement colorés, et par ailleurs les espèces exotiques comptent parmi les plus
gros coléoptères connus.

En France, les cétoines sont d’une taille nettement plus modeste, puisque
comprise entre 1 et 3 cm selon les espèces. La plus connue et répandue de notre
faune est la Cétoine dite dorée.

  BIOLOGIE

Les adultes

La Cétoine dorée ( Cetonia aurata ) est parfois appelée "hanneton des roses" eu
égard au fait qu’elle affectionne ce type de fleurs, et même un peu trop aux dires
des rosiéristes qui la considèrent souvent comme nuisible, car elle "mâchouille"
plus qu’elle ne butine, ce que la délicatesse de la fleur n’apprécie guère.

L’insecte aime le soleil et il n’est pas rare de le rencontrer dans les jardins où il
se complaît à fourrager dans les roses mais également dans les grappes fleuries
des lilas, des troènes, ou encore du pyracantha. Hors de nos parcs et jardins la
cétoine dorée se rencontre le plus fréquemment sur les chardons et les
inflorescences d’ombellifères, mais aussi sur les fleurs du sureau, de l’aubépine,
et bien sûr de l’églantier c’est-à-dire du rosier sauvage. L’adulte mange les
étamines des fleurs pour leur pollen (polliniphage), ce qui constitue une
castration des étamines, donc nuisible aux arbres fruitiers. Il peut également
consommer des fruits mûrs.

La taille de l’insecte adulte varie de 1,5 à 2 cm. La couleur de base est vert
métallique avec de petites macules blanchâtres et transversales sur les élytres.
De très nombreuses variations chromatiques sont cependant observables :
souvent de couleur vert métallisé, plus ou moins vive. L’insecte est parfois teinté
de rouge, de bleu, de jaune cuivré. Ces variations existent surtout dans la moitié
Sud de la France ; la Corse ayant même ses spécificités chromatiques.

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Cétoine dorée

Dimorphisme sexuel

Les sexes sont globalement identiques, mais le mâle se reconnaît néanmoins
aisément par la présence d’un "sillon" longitudinal situé au milieu de la face
ventrale de l’abdomen. En fait il s’agit d’une simple dépression, souvent peu
marquée, mais toujours bien visible en faisant "jouer" la lumière. L’abdomen de
la femelle est quant à lui parfaitement lisse et convexe.

Apparition des adultes

Suivant les régions, les adultes apparaissent d’avril à juin mais se rencontrent
jusqu’en septembre-octobre. Dans ce dernier cas, il s’agit d’exemplaires isolés et
de sorties très certainement anticipées. La Cétoine dorée vole avec beaucoup
d’aisance avec sa deuxième paire d’aile. Les élytres (sclérification de la première
paire d’aile), sont soudées et donc restent fermés lors du vol ; un décrochement
de leur bordure latérale permettant le passage de l’aile postérieure membraneuse.

La ponte & les larvules

Les pontes interviennent en mai-juin, et elles succèdent à des accouplements
souvent répétitifs. Les oeufs sont sphériques, comme de minuscules billes
blanchâtres. La durée d’incubation est brève ; les larvules naissant à la fin du
printemps ou durant les premiers jours de l’été.

Notons que les adultes tendent à revenir pondre là où ils se sont eux-mêmes
développés, sous réserves que le site soit encore exploitable (volume et qualité
de la nourriture disponible).

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Cétoine dorée

La larve

La larve est de type vers blanc, nommée par les entomologistes
« melolonthoïde », c’est-à-dire de la forme de celle du hanneton commun
( Melolontha melolontha ). La larve de cétoines a la particularité de se déplacer
en rampant sur le dos.

Elle est dite saproxylophage car elle se développe dans les bois très décomposés,
les terreaux et les composts (sapros : pourriture, xylo : bois). Trois années
semblent nécessaires à son développement complet. Ceci est sans doute dû au
fait que le bois décomposé n’est pas un élément très riche en nutriments.

Ne tuez pas ces vers blancs, car ils participent activement à l’élaboration du
terreau. Ainsi, comme tous les saproxylophages, la cétoine dorée a une fonction
écologique de recyclage des matières organiques. Soyez « écolo », remettez-les
dans un autre terreau ou à défaut dans de la terre meuble.

On peut différencier les larves de Cétoines de celles du Hanneton commun selon
les critères suivants : la larve de cétoine a une petite tête et gros derrière ; celle
du ver blanc (larve de hanneton) a une grosse tête et petit derrière ! Notons que
les hannetons communs … deviennent rares du fait des pesticides.

Toutefois, il est conseillé d’enlever ces larves quand on fait du rempotage, ou
qu’on aménage des potées ou jardinières. Dans l’absolu il n’y a pas de problème,
et il s’agit donc d’un simple principe de précaution, souhaitable en cas de bacs et
pots trop petits, ou encore de larves trop nombreuses. C’est encore plus vrai
quand le terreau est trop "affiné", c’est-à-dire privé des éléments nutritifs
recherchés par les larves (débris de feuilles mortes et de fragments boiseux en
cours de décomposition), qui vont alors s’en prendre aux racines des plantes.

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Cétoine dorée

La nymphe

La nymphose se fait dans des logettes dont la gangue est faite de matériaux
environnants agglutinés par de la salive. Le plus souvent ces « cocons » sont
terreux ou à base de terreau, intégrant fréquemment des crottes et des particules
boiseuses.

L’éclosion et la chromatogenèse

La mue imaginale, c’est-à-dire le passage de la nymphe à l’adulte se fait durant
l’été, mais en règle générale l’insecte ne quittera son abri qu’au printemps
suivant.

Il s’agit de l’acquisition progressive de la coloration, laquelle devient définitive
dans les 48 à 72 h suivant la "mue imaginale", c’est-à-dire le passage de la
nymphe à celui d’insecte adulte. Parallèlement, il y a "sclérification" des
téguments chitinisés, autrement dit durcissement de la carapace, mais là il faut
compter la semaine.

Les crottes sont souvent très nombreuses, et elles constituent un excellent indice
pour la recherche des larves. Cela vaut pour la cétoine dorée, mais également
pour les autres espèces ayant une biologie comparable. La taille de l’excrément
varie évidemment avec celle de la larve, et de l’espèce considérée.

Pour info .... ne pas confondre !

Le Verdet ( Gnorimus nobilis ), autre Cetonidae, ressemble de prime abord à la
cétoine dorée, mais la surface élytrale est fortement "chagrinée", et le corselet
très nettement rétréci en arrière. La biologie de ces insectes est très comparable,
et les deux espèces peuvent se rencontrer simultanément. Le Verdet tend à se
raréfier, du moins en certaines régions, tout comme le Gnorimus octopunctatus ,
qui lui est noir avec des macules blanches.

Pour conclure ....

La Cétoine dorée n’est pas un insecte considéré comme nuisible, mais un léger
bémol s’impose pour les cultures florales (surtout celles des roses !), mais aussi
fruitières. On dira surtout qu’autrefois l’espèce était commune partout, y compris
en milieu urbain, et qu’elle s’est globalement raréfiée, notamment sous l’effet des
multiples biocides répandus dans notre environnement.

Un certain "renouveau" de l’espèce est toutefois observable, notamment en
milieu péri-urbain, compte tenu de la pratique quasi généralisée du jardinage.
Suite à la fréquente élimination des gîtes larvaires conventionnels (souches, bois
morts, etc.) la cétoine dorée s’est reconvertie dans le compostage bio à domicile
....encore faut-il que le jardinier prête vie à une larve trop souvent confondue
avec celle du hanneton !

  ETHYMOLOGIE

On doit son nom "aurata" à ses reflets dorés, quant à "cetonia", l’origine en reste
obscure.

  CLASSIFICATION

Cétonia aurata
Classe : Insecta
Ordre : Coleoptera
Sous-ordre : Polyphaga
Infra-ordre : Scarabaeiformia
Famille : Cetoniidae
Genre Cetonia espèce aurata
Pour d’autre la famille est Scarabeidae, sous-famille Cétoninae

  PROTECTION

Cette espèce n’est pas protégée

P.-S.

Article original (2009) sur le site des Lauriers assoc.leslauriers.free.fr.
Les Lauriers dans Loupic : Association Les lauriers

5 Messages

  • La cétoine dorée - Cetonia aurata (Linnaeus, 1761) Le 11 novembre 2009 à 21:03, par Perrey Luc

    Je confirme que dans les composteurs de "jardinier" péri-urbain on peut en trouver beaucoup : une 100aine de larves ce week-end dans le-nôtre en retrirant une partie du terreau dans le bas.
    Par contre ; je n’ai pas vu beaucoup de cétoines cet été. Je ferai plus attention l’été prochain...

    Répondre à ce message

    • j’ai répandu de la paille moisie dans mon jardin potager cet hiver. Je jardine depuis unedizaine ’années. Au mois de juin en travaillant la terre, j’ai commencé à trouver des vers blancs. Au fur et à mesure des jours j’ai trouvé de plus en plus de vers à m’en inquiéter... j’ai demandé autour de moi en montrant ces fameux vers, à des personnes agées ayant travaillé la terre ou ayant des jardins, des chevaux , des animaux dont ils auraient utilisé les litières : personne n’a su me les identifier ! J’ ai donc eu recours à l’ordinateur qui m’a donc trouvé leur nom : cétoine . Me voilà rassurée d’un coté puisqu’ils ne sont pas nocifs mais vu la quantité que j’ai déjà trouvé je me demande ce que vont devenir tous ceux que je ne pourrais pas enlever à cause des plantations et si à la longue ils n’attaqueront pas les racines des plantes. D’autre part il est dommage de ne pas savoir quoi en faire ... conseils ?

      Répondre à ce message

  • La cétoine dorée - Cetonia aurata (Linnaeus, 1761) Le 6 mars 2013 à 15:57, par burger

    Bonjour, j’ai remarqué que leur apparition est cyclique (tous les 2 /3 ans dans mon jardin) En effet, quand elles sont présentes on ne voit plus les figues sur l’arbre.
    Avez vous remarqué cela aussi ? Est ce du au fait qu’il faille 3 ans d’état larvaire ?
    Cordialement

    Répondre à ce message

  • La cétoine dorée - Cetonia aurata (Linnaeus, 1761) Le 25 juillet 2013 à 14:10, par tolone

    Bonjour
    j’ai se genre de bestioles qui me mange les racines (tomate fraisier )
    alors question quoi faire ?

    Répondre à ce message

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