Accueil LOUPIC : le Pic Saint Loup et villages alentour

Accueil > Le Triadou > L’histoire du Triadou (5/5)

L’histoire du Triadou (5/5)

samedi 21 septembre 2013 , par Euzet Jean-Claude , Commenter

  5/ Les habitants du Triadou au 18ème siècle (jusqu’en 1788)

  a/ Ce que nous apprennent les minutes notariales :

Avant la Révolution, il n’y avait pas de Conseil municipal et on ne parlait pas de commune mais de paroisse. Les habitants étaient représentés par un Conseil de la communauté et par un consul issu de ce Conseil. C’était l’organisation que l’on trouvait près de Montpellier et donc dans le petit village du Triadou. Les actes notariés du XVIIe siècle ont montré que ce Conseil était composé uniquement d’habitants propriétaires du lieu. Les autres, bergers et domestiques, n’en faisaient pas partie. Quant aux femmes, des veuves de propriétaires pouvaient en être membres mais pas toujours. Ce Conseil traitait des affaires de la paroisse, en particulier des questions relatives à la levée des tailles et à ce que l’on appelle, aujourd’hui, l’entretien des bâtiments publics : l’église, le presbytère et le cimetière, essentiellement. Les conséquences des délibérations étaient actées devant notaire. Pour le Triadou (et pour cette époque), ce sont les notaires des Matelles qui ont enregistré de tels actes. Nous avons pu en retrouver pour les années 1737, 1747, 1748, 1760, 1761, 1769, 1770, 1772 et 1777. La majorité de ces actes concernent l’entretien des biens religieux de la paroisse.

En 1737 :

Le 27.03.1737, un bail d’un montant de 150 livres est conclu par le consul PLAGNIOL pour des réparations à faire à la maison presbytérale et à la nef de l’église du Triadou, suite à la délibération "prise en Conseil General", le 20 janvier, et à l’ordonnance rendue par l’Intendant, également le 20 janvier précédent. Le bail est passé en faveur d’Antoine FAYVESSES, maçon d’Assas, "comme moins disant et faisant la condition meilheure au proffit de la Communauté dudit lieu du Triadou" ; ce maçon s’engage à faire les travaux "pour tout le moy d’avril prochain de la courante année" et conformément au devis établi par l’architecte de Montpellier, Pierre DESFOURS, le 18.10.1734. Le consul PLAGNIOL lui paye immédiatement 71 livres "en escus blancs et especes de cours" et s’engage à payer les 79 livres restantes (au nom de la communauté des habitants) quand les travaux seront terminés. De son côté, le maçon doit fournir tout ce qui sera nécessaire (ferrures, boisages, matériaux ...). Viennent ensuite les formules classiques d’hypothèque et de soumission aux cours et au "petit scel royal dudit Montpellier". L’acte est passé dans la maison du consul, au Triadou, en présence de "Jean et autre Jean EUZET menagers habitant dudit lieu du Triadou" qui signent, cependant qu’Antoine FAYVESSES appose sa marque (une croix). Cet acte est intéressant car c’est la première fois que le devis est fait par un architecte (et non par un maçon) et aussi parce qu’il est précisé qu’il s’agit de réparer la nef, les termes de "ferrure" et de "boisage" faisant penser qu’il s’agit d’un problème de couverture, probablement à l’intérieur de l’église. A noter également, le long délai qui s’est écoulé entre la confection du devis (en 1734) et les réparations (en 1737) ; l’acte est écrit par le notaire Fulcrand MAUMEJEAN, des Matelles - plus exactement, "des lieux de laval de Montferrand."

En 1747-1748 :

Suite à la délibération de la communauté des habitants du Triadou en date du 22.10.1748 et à l’ordonnance du 22.11.1748 de l’Intendant de la province, le consul du Triadou, Jean PLAGNIOL, signe, le 08.12.1748, un bail devant Fulcrand MAUMEJEAN, notaire royal des lieux de la val de Montferrand, habitant des Matelles. Le bénéficiaire du bail est Guillaume ESTEVE, maçon de Saint-Mathieu-de-Tréviers et l’objet du bail concerne "toutes les réparations à faire à l’église et maison presbiterialle du lieu du Triadou". Ces réparations sont précisées dans un devis qui a été dressé, le 01.08.1747, par un autre maçon de Saint-Mathieu-de-Tréviers, François ROUVIERE.

Guillaume ESTEVE indique qu’il a une pleine connaissance du devis par la lecture qu’il en a faite et par celle qui lui est faite "mot à mot" devant le notaire, ce devis ayant été paraphé "ne varietur" par l’Intendant. Il s’engage à réaliser les travaux dans un délai de quatre mois, sous peine de pénalités. Le prix est de 235 livres, suivant son offre. Jean PLAGNIOL s’engage à payer Guillaume ESTEVE en trois fois : un tiers au commencement des travaux, un tiers à la moitié et un tiers à la fin, moyennant un procès verbal de finition de l’ouvrage. Il est aussi précisé que Guillaume ESTEVE devra fournir "la pierre, chaud (chaux), sable, tuilles, mains d’ouvriers, mainoeuvres, boisage, ferreméns, et generallement tout ce qui sera necessaire pour rendre lesdits ouvrages parfaits"

La suite de l’acte est relative aux sûretés spéciales et générales pour l’opération. C’est d’abord un autre maçon, Jacques ROUVIERE, de Saint-Mathieu-de-Tréviers, qui se porte "caution et principal observateur de tout le conteneu au present contrat et devis voulant à deffaut y être le premier constraint". Ce sont ensuite les clauses habituelles d’hypothèque, de compétence des cours et du Petit Scel Royal de Montpellier.

Sont présents à l’acte, Jean GRAS (ménager) et Jean FAGES (travailleur), les deux habitant aux Matelles. Ils signent avec le notaire, PLAGNIOL et ESTEVE. Par contre, ROUVIERE ne sait pas signer.

Le même jour, le consul Jean PLAGNIOL engage le prêt, nécessaire pour les travaux et autorisé par l’Intendant, auprès d’Antoine PAULET, travailleur originaire de Serviès (diocèse de Mende) qui demeure maintenant au Castel de la Roquette. Le prêt est d’un montant de 240 livres dont 5 livres pour "la réception, controlle et l’expédition du présent acte". Jean PLAGNIOL s’engage à rembourser Antoine PAULET dans un délai de deux ans. L’acte est passé aux Matelles, dans l’étude du même notaire, en présence d’André ICARD et de Fulcrand CELLIER, habitants des Matelles. Tous signent.

La forme employée dans ces deux actes de 1748 va se retrouver durant tout le XVIIIe siècle, comme on le voit dans les actes qui suivent :

En 1760-1761 :

Le 15.02.1761, le consul Jean PLAGNIOL signe un bail à Charles QUERELLE, maître plâtrier de Montpellier, pour les réparations à faire à l’église, à la maison curiale et au cimetière. Comme en 1748, cet acte est précédé d’une délibération de la communauté (le 31.10.1760), d’un devis par un maître plâtrier de Montpellier, VERDIER fils (le 25.11.1760), d’une ordonnance de l’Intendant (le 24.01.1761) et d’une publication (le 08.02.1761) qui est qualifiée de "surabondante".

Le prix est de 200 livres "suivant l’offre faitte par le sieur VERDIER père", maître plâtrier de Montpellier, pour ledit QUERELLE. Le paiement est prévu en trois fois, les matériaux doivent être fournis et les hypothèques prises, exactement comme en 1748. Quant à la caution, elle est conclue par Pierre VERDIER père, le maître plâtrier de Montpellier qui a fait le devis et qui se porte garant des travaux. L’acte est fait et récité dans la maison de PLAGNIOL, en présence de Jean PLAGNIOL (ménager) et d’André ROUBIEU (travailleur, habitant des Matelles) qui signent. Par contre, QUERELLE ne sait pas signer (alors que dans l’acte, on retrouve la formule rituelle selon laquelle il a une pleine connaissance du devis "par la lecture qu’il a cy devant faitte"), ce qui pourrait laisser supposer qu’il savait lire.

Toujours chez le même notaire, Fulcrand MAUMEJEAN, des Matelles, suivent deux actes, l’un pour le prêt et l’autre pour la quittance. Le premier est sous le titre classique d’une "Oblige", le 15.02.1761. On y voit que le consul Jean PLAGNIOL reconnaît devoir à son cousin des Matelles, Jean PLAGNIOL, la somme de 206 livres destinée à payer le sieur QUERELLE, 6 livres étant réservées pour le contrôle, la réception et l’expédition de cet acte. Il s’engage à le rembourser dans le délai d’un an, avec les clauses habituelles de réserves (intérêt de 5 %, hypothèques, cours de justice ...). Cet acte est fait et récité au Triadou dans la maison du consul, en présence de Joseph CLAPAREDE, le prieur, et d’André ROUBIEU, habitant des Matelles, qui signent avec le notaire. Enfin, le 11.04.1761, le notaire enregistre la quittance du paiement final de 66 livres à Charles QUERELLE par le consul du Triadou, Jean PLAGNIOL. Cette somme s’ajoute aux 134 livres déjà réglées. L’acte est fait et récité dans la maison du consul, en présence du prieur, Joseph CLAPAREDE, et de Claude EUZET, ménager habitant du Triadou, qui signent. Comme précédemment, Charles QUERELLE indique qu’il ne sait pas signer.

En 1769-1770 :

Nouveaux travaux à l’église et au presbytère décidés par la communauté des habitants, le 02.07.1769, suivis par l’ordonnance de "Monseigneur l’intendant", le 20.07.1769 et le bail des réparations fait par le consul du Triadou, Jean PLAGNIOL, au maçon, Jean ROUSSET dit la bonté, habitant des Matelles, le 13.08.1769. C’est ensuite dans un seul acte, le 05.03.1770, que le même notaire, Fulcrand MAUMEJEAN, enregistre à la fois le prêt de 198 livres fait auprès de Jean PLAGNIOL, ménager des Matelles, le paiement/quittance de 190 livres à Jean ROUSSET dit la bonté et l’obligation de payer 8 livres pour la réception, les contrôles et l’expédition de l’acte. Le consul Jean PLAGNIOL promet de rembourser "avec l’intérêt à 4 % (5 % dans les actes précédents) exempt de toute retenue conformément à la susdite ordonnance audit sieur PLAGNIOL preteur dans une année dece jourd’huy a payne de tous depans dommages et interés et de la faire veriffier aux fraix et depans de ladite communauté". L’acte est fait et récité aux Matelles, dans l’étude du notaire, en présence de Hyacinthe GAUD, prieur des Matelles et de Jean Joseph MAUMEJEAN (qui signe MAUMEJAN), praticien habitant des Matelles. Seul, ROUSSET ne sait pas signer. L’acte est contrôlé à Saint-Martin-de-Londres, le 16.03.1770.

En 1772 :

Encore des travaux au presbytère décidés par la communauté des habitants, le 28.03.1772, suivis par l’ordonnance de "Monseigneur l’intendant", le 02.04.1772 et le bail des réparations fait par le "consul moderne" du Triadou, Jean PLAGNIOL, au maçon, Guillaume ESTEVE, habitant de Saint-Mathieu-de-Tréviers, le 08.04.1772. C’est ensuite dans un seul acte, le 22.10.1772, que le même notaire, Fulcrand MAUMEJEAN, enregistre à la fois le prêt de 494 livres fait auprès de Laurent EUZET, travailleur habitant au Triadou, le paiement/quittance de 480 livres à Guillaume ESTEVE et l’obligation de payer 14 livres pour la réception, les contrôles et l’expédition de l’acte. Le consul Jean PLAGNIOL promet de rembourser audit sieur EUZET dans une année avec l’intérêt à 5 %. Comme les fois précédentes, pour faire vérifier cette somme, le consul garde les pièces nécessaires pour parvenir à cette vérification. Les garanties sont les mêmes que pour les baux et prêts antérieurs. La forme de cet acte est donc pratiquement identique à celle de 1770. Il est fait et récité au Triadou, dans la maison de Jean PLAGNIOL, le consul, en présence de Jean Joseph MAUMEJEAN (qui signe MAUMEJAN), praticien habitant des Matelles et de Jean BESSEDE, travailleur habitant du Castel de la Roquette, demeurant "actuellement" au Triadou. Ils signent avec les parties et le notaire royal, Fulcrand MAUMEJEAN, "des lieux delaval de Montferrand, habitant desdites Mattelles". L’acte est contrôlé à Saint-Martin-de-Londres, le 25.10.1770.

En 1777 :

Le 13.04.1777, ce sont des réparations qui sont à faire, à la fois, à l’église, au presbytère et au cimetière. A cette date, le consul PLAGNIOL donne à bail pour 285 livres ces travaux à faire au maçon François ROUVIERE, de Saint Mathieu de Tréviers. Celui-ci s’engage à les terminer "dans tout le mois de may prochain", cependant que le consul promet de le payer "lorsque lesdites reparations seront finies" (et non plus en trois fois comme c’était la coutume). A noter aussi que ROUVIERE sera tenu de payer les frais du devis, ceux de la réception, ceux faits par le procureur de la communauté au sujet des réparations et du bail (c’est manifestement un geste fait par le maçon pour emporter le marché) Cet engagement est fait suite à une délibération de la communauté des habitants du Triadou du 08.03.1777, d’une ordonnance de l’intendant du 27.03.1777 et d’un devis établi par un maçon de Quissac, LEMORNIÉ BELLOT. C’est Joseph MAJOUREL, "menuisier demeurant depuis environ quatre années audit Saint Mathieu" qui se rend caution et principal garant. Sont présents et signent avec les parties : Fulcrand BELLEVILLE (prieur du Triadou) et Pierre ROUX (travailleur originaire de Saint Mathieu, "demeurant depuis environ trois ans audit Triadou"). Le notaire est Jean Joseph MAUMEJAN, "notaire royal de Laval de Montferrand, habitant des Matelles".

  b/ Ce que nous apprennent les comptes rendus des délibérations de la communauté des habitants :

Quelques comptes rendus de délibérations de la communauté des habitants ont été conservés, pour la période pré-révolutionnaire, années 1787 et 1788. Ils sont, evidemment, beaucoup plus complets que ce que l’on peut trouver dans les actes notariaux.

En 1787 :

Le 07.06.1787, à nouveau des travaux sont à faire à l’église et au presbytère : "Par Sr Joseph PLAGNIOL consul a été dit qu’en conséquence de l’ordonnance de M. l’intendant en date du douze du mois de may dernier il a été fait une surabondante publication pour les réparations a faire a leglise et maison curiale dud. lieu et personne n’ayant voulu moins dire sur l’offre de François ROUVIERE maçon de St mathieu psse de treviés au prix de cent quarante quatre livres, il convient de luy passer bail des reparations dont sagit, sur ce requiert de deliberer. Sur quoy lecture faite de l’ordonnance de M. lintendant cy dessus citée qui permet de passer bail du prix fait desdites reparations, la communauté a baillé et baille aud. ROUVIERE ici présent et acceptant les reparations a faire a la maison curiale et autres portées par le devis qui en a été dressé et dont led. ROUVIERE a dit avoir une parfaite connoissance par la lecture qu’il en a faite avant de faire son offre, lequel dit ROUVIERE promet et s’oblige de faire et parfaire lesd. reparations dans deux mois a compter de ce jourd’huy moyenant le prix et somme de cent quarante quatre livres que la communauté s’oblige de lui payer en trois payements egaux, savoir le premier au commencement de l’ouvrage, le second quand l’ouvrage sera a moitié fait, et le dernier aprés la reception définitive desd. ouvrages qui seront faits selon les regles de l’art, et pour la sureté des engagements cy dessus s’est présenté Joseph RIMBAL lequel après avoir pris communication du contenu au présent bail par la lecture qui lui en a été faite par nous greffier, s’est rendu caution pour led. ROUVIERE (...)". Suivent les signatures des participants (PLAGNIOL consul, BALARD greffier, ROUVIERE, PEPIN et RIMBAL). Toujours pour la même année (mais le jour n’est pas indiqué), une nouvelle délibération entérine le fait que les travaux ont commencé et qu’il convient donc d’appliquer le bail en versant au maçon, un tiers du prix sur les 144 livres. Il est aussi décidé que l’avance sera faite selon la répartition suivante : 50 livres pour le premier consul, Joseph PLAGNIOL, 48 livres pour le sieur PEPIN et 48 livres pour EUZET fils.

Le 07.06.1787, dans la même séance que ci-dessus, une autre délibération est prise sur la levée des tailles : "Par Sr Joseph PLAGNIOL consul a été dit que la levée des tailles et autres impositions de la communauté, la presente année ayant éte proclamée en la forme ordinaire il na éte fait qu’une seule offre par jean jacques JUSTIN de St mathieu de trevies sur le pied de deux deniers pour livre pour son droit de levée, sur ce requiert de deliberer. Sur quoy le conseil a baillé et baille aud. JUSTIN ici present et acceptant la levée de la taille et autres impositions la presente année sur le pied de deux deniers pour livre conformement a son offre sous le cautionnement solidaire de jean JUSTIN son frere menager dud. St mathieu aussi present et acceptant a la charge par eux d’acquitter toutes les sommes contenues au preambule quartier par quartier sans division ny discussion de donner acquit et de compter de lentiere levée sous l’obligation de leurs biens et de leurs propres personnes et ont signé."

Le 01.08.1787 sur le règlement des frais relatifs aux travaux faits à l’église et au presbytère : "les habitants de la communauté du triadou assemblés en la forme ordinaire au lieu accoutumé. Par Sr Joseph PLAGNIOL consul a été dit que le sept juin dernier la communauté passa bail au nommé ROUVIERE maçon de St mathieu paroisse de treviés en réparation a faire a la maison curiale dud. lieu et autres portées par le devis qui en a eté dressé, sur le pied de cent quarante quatre livres, qu’il convient de procurer aud. ROUVIERE une partie du prix desd. reparations sur ce requiert de deliberer. Sur quoy lecture faite du proposé cy dessus, et de l’ordonnance de M. l’intendant qui permet faute de préteur de nommer un nombre suffisant de contribuables pour en faire l’avance, et attendu que la communauté na pas trouvé a emprunter l’assemblée a nommé pour en faire lavance de ladite somme de cent quarante quatre livres, ensemble celle de six livres pour les honoraires de lexpert, savoir Jean Francois PEPIN cinquante livres, Joseph PLAGNOL autres cinquantes livres, et Jean EUZET pareille somme de cinquante livres fesant le total de cent cinquante livres que les susnommes remettront aud. Sr consul Sur son reçu pour ce dernier compte aud. ROUVIERE celle de cent quarante quatre livres du montant desd. reparations conformement et aux termes de son bail et celle de six livres pour le montant du devis, desquelles sommes les preteurs seront remboursés avec linteret exempts de retenue ainsi déliberé et ont signé." Signatures : PEPIN, PLAGNIOL Consul, BALARD greffier. Le remboursement de ces 150 livres est demandé par la délibération du 03.05.1789.

Le 20.10.1787, les habitants de la communauté du Triadou se réunissent à nouveau et exposent les problèmes, tant pour les récoltes que pour l’église : "depuis longtems la communauté essuye de mauvaises recoltes, a raison desquelles elle a fait bien des representations sans pouvoir rien obtenir des indemnités accordées par sa majesté aux communautés de ce diocèse, que c’est dautant plus injuste que cette communauté n’est composée que de trois habitants qui payent annuellement plus de deux mille livres de taille, que la récolte de blé qui est la principale ressource pour acquitter les charges a été fort mauvaise la presente année et a mis les habitants dans le cas de contracter des dettes, qu’on a augmenté par les reparations qu’on vient de faire a l’eglise et maison presbiterale dud. lieu, lesquelles reparations ont eté a peine finies que la foudre est tombée sur le clocher de leglise, en a abattu une grande partie et mis lautre dans un si mauvais etat qu’elle est sur le point de crouler sur leglise, ce qui expose la vie des habitans, (...)". La communauté se retourne donc à nouveau vers l’Intendant pour demander une indemnité en lui laissant le choix du montant. En ce qui concerne le clocher, il est souligné l’urgence qu’il y a à faire les travaux nécessaires. Il est donc demandé l’affichage (des travaux), afin que des offres soient réceptionnées. Le consul PLAGNIOL, PEPIN et le greffier BALARD signent la délibération.

En 1788 :

  • Le 20.01.1788, demande de défrichement : "Je soussigné Pierre ROUX menager habitant de S. Jean de cocules diocese de montpellier declare vouloir faire defricher incessamment dans mes propres fonds dans le taillable du triadou environ cinq seterées de terrein inculte dans un devois qui confronte de levant les terres de la Salade, et le chemin de treviés qui va au triadou, du midi les Srs PLAGNIOL et PEPIN, du couchant Guiraud TONDUT et moy même, et de la Bise les terres de M. de la Salade, lesquelles cinq seterées se joignent aux sept seterées que feu mon frere declara le 5 mars 1786 dont il n’en defricha que deux, la mort l’ayant surpris avant de défricher les autres cinq ; que je faits defricher avec les cinq autres que je declare la courante lequel terrein contenu dans led. devois qui m’appartient na produit comme il est notoire aucune recolte depuis plus de quarante ans, laquelle declaration je faits au desir de la declaration du Roy du 5 juillet 1770 pour jouir des exemptions y mentionnées a compter du premier janvier prochain. Fait dans le Registre de la Communauté du triadou, a St martin de Londres le 24 fevrier mille sept cens quatre vingt huit." Signé ROUX. Dans le registre du Triadou, cette déclaration non datée suit une délibération du 20.01.1788, ce qui fait supposer qu’elle est du même jour. Depuis Henri IV (en 1599) et Louis XIII (en 1613), les rois avaient rendu des édits pour encourager les défrichements. Des exemptions d’impositions pendant un certain nombre d’années avaient déjà été accordées par Louis XV, en 1761 et en 1766, dans le cas de terres incultes (c’est-à-dire non cultivées depuis vingt ans) qui seraient mises en valeur après avoir été défrichées. On comprend alors le sens des demandes comme celle-ci.

En 1788, suite à la délibération du 20.10.1787, il s’agit, cette fois, de "construire le clocher de l’église" du Triadou. Le 15 juin a lieu la réception des offres. Etienne GRAS fils (de Prades) propose 300 livres. Puis, Jean Louis MANICI (de Claret qui ne sait pas signer mais qui appose une croix) propose 295 livres. Etienne GRAS baisse alors son offre à 290 livres et emporte le marché. Le devis avait été fait par le sieur ROUVIERE, maître maçon de Saint Mathieu. Etienne GRAS s’engage à terminer son ouvrage dans trois mois à compter de ce jour. La communauté s’oblige à le payer en trois versements, au début, au milieu et à la fin des travaux. La caution est apportée par Vincent GRAS (maçon de Prades), père d’Etienne. La délibération communale est signée par les deux GRAS, le consul PLAGNIOL, le greffier BALARD et PEPIN. En fait, il y avait eu d’autres propositions avant celle-ci :

  • le 20.01.1788, il s’agissait déjà du même objet, bien qu’alors on parlait de la "reconstruction du clocher de leglise dud. lieu". François ROUVIERE, maçon de Saint Mathieu s’était présenté avec une offre de 350 livres correspondant au devis qu’il avait lui-même établi. A la suite de cette seule offre, la communauté avait délibéré et décidé qu’il fallait procéder "aux publications a rabais en la forme ordinaire". Le sieur consul avait pouvoir de " présenter requete a M. l’intendant pour le supplier de vouloir bien permettre de passer bail aud. ROUVIERE sur le pied de son offre ou a tout autre qui fera la condition meilleure, comme aussi d’emprunter les sommes necessaires au payement de l’entrepreneur, et du devis sur l’etat qui en sera fourni, lequel devis sa grandeur voudra bien parapher, ainsi deliberé et ont signé."
  • le 16.03.1788, il s’agissait encore du même objet, bien qu’alors on parlait de "reparations au clocher de leglise du dit lieu" ; de nouvelles offres avaient été reçues, dont la dernière, de Joseph MAJOREL, habitant Saint Mathieu, offre d’un montant de 317 livres après étude du devis fait par ROUVIERE. La communauté avait alors délibéré de la même manière (en direction de l’Intendant) en précisant, en plus, qu’il faudrait emprunter les sommes nécessaires au payement de l’entrepreneur "et de l’expert qui a dressé le devis".

On voit ainsi que, par l’effet de la concurrence pour cette (re)construction ou réparation du clocher, le montant de la facture était passé de 350 livres, à 317 livres, puis à 300 livres, puis à 295 livres, pour aboutir enfin à 290 livres, dernier prix accepté. A noter, cependant, que dans la première offre de ROUVIERE, celui-ci proposait, en même temps, de "payer les fraix du bail et contrôle d’iceluy"

JPEG - 249.5 ko
La croix de la confrérie à l’entrée de l’impasse de la confrérie
photo J.C.E., le 18.09.2009

  c/ Ce que nous apprend le registre de la confrérie du Saint-Sacrement :

Contrairement au XVIIe siècle, les mentions sur le registre de la confrérie du Saint-Sacrement sont très lapidaires et, de plus, ce sont juste les 24 premières années qui sont conservées, de 1700 à 1723, sans que l’on sache si la confrérie a disparu après cette époque ou s’il s’agit seulement d’une perte d’archives. Cependant, il est probable que cela concorde avec le temps passé par le prieur André SALLES à la cure du Triadou. En effet, à partir de 1725, l’évêque et le Chapitre cathédral sont en conflit pour la nomination du successeur, le premier voulant nommer François DELPON et le second un nommé MASSEBIEAU. Il est donc fort possible que la confrérie ait été mise en sommeil à cette occasion. Elle a dû reprendre son activité ultérieurement puisque, dans son testament du 27.12.1737, Jean EUZET lègue 6 livres à la confrérie.

Les prévôts successifs sont : le prieur André SALLES (le 13.06.1700), Jean REMOND (le 29.05.1701), Jean PLAIGNIOL (le 18.06.1702), Jean EUZET, "greffier consulaire" (le 20.06.1703), le prieur André SALLES (le 25.05.1704), Jean DAUZEMAR (le 14.06.1705), Jean PLAIGNIOL (le 06.06.1706), Jean EUZET (le 26.06.1707), le prieur André SALLES (le 10.05.1708), Jean DAUZEMAR (le 02.06.1709), Jean PLAIGNIOL (le 22.06.1710), Jean EUZET, "procureur juridictionnel" (le 07.06.1711), le prieur André SALLES (le 29.05.1712), "Mr du Triadou", c’est-à-dire d’AUZEMAR (le 18.06.1713), Jean PLAIGNIOL (le 03.06.1714), Jean EUZET (le 23.06.1715), le prieur André SALLES (le 14.06.1716), "Les demoiselles du triadou" (d’AUZEMAR) paraissent assurer, collectivement, la fonction de prévôt (le 30.06.1717), Jean PLAIGNIOL (le 19.06.1718), Jean EUZET (le 11.06.1719), le prieur André SALLES (le 02.06.1720), "Les demoiselles du triadou" (d’AUZEMAR) paraissent assurer, collectivement, la fonction de prévôt (le 15.06.1721), PLAGNOL (le 07.06.1722), EUZET (le 30.05.1723).

A partir de 1701, le registre indique les noms des "demoiselles" chargées de "tenir l’autel propre" : Estiene PLAIGNIOL (PLAGNIOL) en 1701, Georgete du Triadou (d’AUZEMAR) en 1702, Jeanne d’AUZEMAR en 1703, Anne de MICHEL, "femme a mr du triadou" en 1704, Marguerite GELIE (GELY), veuve de Jacques EUZET en 1705, Isabeau TIOCHE (TIOCH), femme de Jean PLAIGNIOL en 1706, Antoinette d’AUZEMAR en 1707, Jeannette d’AUZEMAR du Triadou en 1708, Etiene PLAIGNOLE (PLAGNIOL) en 1709, Antoinete d’AUZEMAR en 1710, Françoise EUZET, cousine du sr EUZET désigné prévôt (le prieur avait d’abord marqué Marguerite EUZET sa fille puis il a barré) en 1711, Antoinette du Triadou (d’AUZEMAR) en 1712, Marguerite EUZET en 1713, Georgette d’AUZEMAR en 1714, Françoise EUZETTE (EUZET cousine de Jean EUZET désigné prévôt mais en interligne il est indiqué Jeanne EUZET sa fille) en 1715, Jeanne d’AUZEMAR en 1716, Jeanne EUZET en 1717, Georgette du Triadou (d’AUZEMAR) en 1718, Margueritte EUZET, "sa fille aïnée" (de Jean EUZET désigné prévôt) en 1719, Antoinete d’AUZEMAR en 1720, "Les demoiselles du triadou" (d’AUZEMAR) en 1721, Georgette du Triadou (d’AUZEMAR) en 1722, Jeanne EUZET fille de Jean EUZET désigné prévôt en 1723.

Dans le Dictionnaire de biographie héraultaise de Pierre CLERC (éditions Pierre CLERC, Montpellier, 2006), on trouve à l’article de Jean AUZEMAR le texte suivant : "Sgr du Triadou, prêtre, recteur de l’Université de droit de Montpellier, chapelain de Saint Lazare. Son grand-père avait été avocat, juge de la Temporalité de Psalmody près d’Aiguesmortes. Il eut quatre soeurs religieuses (Pierre BURLATS-BRUN)".

  d/ Ce que nous apprend le registre paroissial, entre 1739 et 1785 :

Le registre paroissial est en déficit pour les 38 premières années du XVIIIe siècle. Le premier acte conservé est du 25 janvier 1739 et concerne le décès de Thérèse BRUGUIERE, femme de Guillaume VAREILLE "du lieu de Cornonterral demeurant a present pour payre chez Mr le conseiller de VEISSIERE sur cette paroisse". Son décès date de la veille et elle est enterrée dans le cimetière en présence de Jean PLAGNIOL et de Claude EUZET, ménagers du Triadou, qui signent (le prieur et curé étant Jean POUDEROUS).

La fonction de "payre" chez ce "conseiller "de VEISSIERE" est confirmée dans l’acte qui suit, à la même date, et qui concerne le décès de Jeanne VAREILLE, fille du Guillaume ci-dessus et de feue Susanne DUMAS(E) qui fut, probablement, sa première épouse. Il est précisé qu’elle meurt une heure après Thérèse BRUGUIERE, femme de Guillaume.

Tout au long de ce registre paroissial, on va découvrir plusieurs "payres", appelés ensuite "fermiers" voire "rentiers" de ces "de VEISSIERE", et ce, jusqu’en 1768  :

  • le 07.02.1740, Joseph ALEGRE est "payre chez Mr le conseiller de VEISSIERE"
  • le 07.02.1741, Françoise TARDIEU, veuve d’Antoine ARNAUD, remariée avec Joseph ESPARRON, est "mayre chez Mr le conseiller de VEISSIERE"
  • le 09.12.1742, Jean Louis CALMET est "payre chez Mr le conseiller de VEISSIERE"
  • le 21.03.1745, Alexis GRIZOUILLE est "payre chez Mr le conseiller de VEISSIERE"
  • le 03.03.1746, Antoine COUDERT est "payre chez M. de VEISSIERE"
  • le 28.03.1748, Pierre FEDIERE est "payre chez M. de VEISSIERE"
  • le 28.04.1751, Fulcrand DESFOURS est "fermier de Madame de VAISSIERE"
  • le 12.07.1751, Fulcrand DESFOURS est "rentier de la dame de VEISSIERE"
  • le 12.11.1752, Fulcrand DESFOURS est "fermier de la dame de VEISSIERE"
  • le 04.05.1755, Pierre AZEMA (il signe AZEMAR) est "fermier de la dame de VEISSIERE"
  • le 25.10.1757, Pierre AZEMAR et Françoise GRAS, son épouse, sont "fermiers de Madame de VAISSIERE"
  • le 08.10.1758, Pierre AZEMAR et Françoise GRAS, son épouse, sont "fermiers de Madame de VAISSIERE"
  • le 28.12.1760, Pierre AZEMAR et Françoise GRAS, son épouse, sont "fermiers de Madame de VAISSIERE"
  • le 21.11.1762, Pierre AZEMAR est "fermier de Madame de VEISSIERE"
  • le 03.11.1763, Pierre AZEMAR est "fermier de Madame de VEISSIERE" (décès de Françoise GRAS)
  • le 29.09.1765, Pierre AZEMAR est "fermier de Madame de VEISSIERE" (son frère Jean, marié avec Marie Anne EUZET habite avec lui)
  • le 04.08.1768, Jean AZEMAR est "fermier de mlle VAISSIERE".

Sur le pourquoi de la présence de ces de VEISSIERE au Triadou, un membre de phrase du dossier concernant le procès, entre le prieur et les EUZET au sujet des terres et de la maison de la confrérie, donne un début d’explication. En effet, dans le "Mémoire instructif pour le sieur Jean Jacques EUZET du Triadou" du prieur Joseph CLAPAREDE, il est écrit : "Mr AUZEMAR, dont Madame de VESSIERE jouit les biens". On comprend ainsi que les de VEISSIERE étaient chargés de gérer les biens des AUZEMAR au Triadou, tout au moins dans la seconde partie du XVIIIe siècle. Ces mêmes de VEISSIERE avaient des payres ou fermiers pour diriger à leur place l’exploitation. A noter que le terme fermier est utilisé pour la première fois en 1751 dans le registre paroissial, alors qu’avant on utilisait le mot peyre.

Sur la famille de ces de VEISSIERE, on voit qu’à la cour des comptes, Aides et finances de Montpellier, Jean Louis de VEISSIERE était conseiller maître en 1738, marié à Marie CHAZOT. C’est certainement ce couple que l’on retrouve aux Triadou gérant les biens des AUZEMAR. Jean Louis était fils de Pierre Michel, de VEISSIERE, également conseiller maître de cette cour, marié à Anne de SAPORTA.

Le registre paroissial conservé couvre la période 1739 à 1785. Pendant ces 46 ans, 82 actes ont été enregistrés par les prieurs successifs. Ces 82 actes se répartissent en 36 baptêmes, 9 mariages et 37 sépultures. Cependant, il n’y a aucun acte indiqué sur 10 années (1741, 1749, 1753, 1754, 1769, 1775, 1777, 1779, 1781), ce qui peut laisser supposer des lacunes bien que la paroisse soit très petite. En effet, à deux reprises, il est indiqué que la paroisse de Saint Sébastien de Cassagnas dit le Triadou a "trois feus" (en 1750) et "trois maisons" (en 1762 et 1774). Ces notes correspondent bien aux observations que l’on a pu faire à partir des minutes notariales. On avait connu les trois familles de BERTIN, (de) LATOUR et EUZET puis les familles d’AUZEMAR, (de) LATOUR et EUZET puis les familles PLAGNIOL, d’AUZEMAR et EUZET puis les familles PLAGNIOL, PEPIN et EUZET. Pendant cette période, c’est la fin de la famille du seigneur du Triadou, avec les décès des trois soeurs d’AUZEMAR, toutes les trois enterrées dans l’église, grâce à la permission du vicaire général du diocèse. Antoinette décède le 17.02.1746, âgée de plus de 80 ans, Jeanne décède le 15.05.1748, âgée de plus de 88 ans et Georgette décède le 14.08.1752, âgée d’environ 92 ans. Les EUZET se retrouvent sur toute la période pour 21 actes (12 naissances, 5 décès et 4 mariages). En ce qui concerne les PLAGNIOL, on les trouve aussi sur toute la période avec 8 actes (3 naissances, 4 décès et 1 mariage). Quant aux PEPIN, il y a 5 actes (2 naissances, 1 décès et 2 mariages, entre 1776 et 1785). A ces statistiques, il faut encore ajouter les décès des veuves EUZET, PLAGNIOL et PEPIN (Jeanne ARNAVIELLE, en 1742, Marguerite de GIRARD en 1767, Antoinette VINCENT en 1768, Jeanne PRIOUH ou plutôt PRIEUR et Marie SAUMADE), le tout représentant un peu moins de la moitié des actes du registre paroissial.

Une grosse contribution est aussi apportée par un payre et sa famille portant le patronyme AZEMAR mais écrit parfois AZEMA (qu’il ne faut pas confondre avec d’AUZEMAR). En effet, pour ces AZEMAR, il y a 17 actes (11 naissances, 5 décès et 1 mariage, entre 1755 et 1772). Pour ce dernier mariage, Jean AZEMAR se marie, le 22.01.1761, avec Marie Anne EUZET, fille de Claude et de Marguerite de GIRARD. Ce mariage avec l’une des familles du Triadou est un signe certain d’intégration. A ces statistiques, il faut encore ajouter le décès de Françoise GRAS, épouse de Pierre AZEMAR, le 03.11.1763

Pour les 26 actes restants, on note d’abord, les décès de plusieurs prieurs qui sont enterrés dans l’église : Joseph POUDEROUS (+ le 13.12.1756), DUFOURC (son décès n’est pas dans le registre paroissial du Triadou et on ne connaît pas son prénom), Joseph CLAPAREDE (+ le 13.05.1764), Jean ANDRÉ (+ le 09.10.1766) et François Honoré CHALIER (+ 26.01.1767). C’est le prieur Fulcrand BELLEVILLE qui exerce ensuite le ministère jusqu’à la Révolution. Quand un prieur décède, l’acte de décès est signé par plusieurs prêtres présents à l’enterrement. Ainsi, quand Jean ANDRÉ meurt, assistent Joseph CROZE (curé de Saint-Jean-de-Cuculles), Jean Jacques MAZEL (curé de Treviés), Etienne GARDES (prieur de Lauret), Hyacinte GAUD (curé de Valflaunes) qui signent avec Jean GRANIER, prieur et archiprêtre des Matelles.

A l’autre bout de l’échelle sociale, on trouve les mendiants dont on ignore parfois le nom. Ainsi, le 20.01.1765 quand "mourut chez le sieur Guilhaume PLAGNIOL menager et consul du Triadour presente parroisse de mort subite un pauvre inconnu et luy ayant trouvé un chapelet sur luy marque de catholique l’avons enseveli le vingtunieme dans le cymetière de la pnte parroisse". C’est aussi le cas le 17.11.1740 pour une "pauvre qui mandioit son pain". Malade, elle a un petit enfant àgé d’environ deux ans. Il s’agit de Catherine PAGÉS, originaire du village de Thalieves, paroisse de Thouras, diocèse de Mende, et de Claude, son enfant. Des témoins attestent de son nom, de ceux de l’enfant et de son parrain, de la paroisse d’origine et de celle de son mariage. Dans tous ces cas, le curé devait surtout vérifier si la personne décédée était de religion catholique, ce qui lui permettait de l’enterrer dans le cimetière de la paroisse. Il faut certainement ranger dans la même "catégorie", le décès d’un enfant de six ans, Claude ROUFIAC, fils de Benoît, un "pauvre passant" et de Thérèse BESSIERE, de la paroisse de Saint Paul le Froid, dans le diocèse de Mende ; il est enterré le 21 décembre 1752 dans le cimetière.

A partir des années 1770, la profession n’est plus indiquée mais jusqu’alors, on s’aperçoit qu’en dehors des trois familles du Triadou, les actes concernent pratiquement toujours des familles des payres qui travaillent chez la dame de VEISSIERE. A noter, cependant, deux exceptions. Le 06.08.1743, est enterré Etienne CROS, huissier au présidial de Montpellier, trouvé mort le 4 dans la paroisse. Il est alors indiqué : "aprés que les procedures et instructions quil appartient a ce sujet ont eté prises par le juge du lieu a été enterré a lendroit ou il a été trouvé sur lequel a été élevé une petite croix de bois jusques a ce quil puisse etre transporté au cimetiere de ceans". Le 26.09.1752, est enterré André Esprit DURRANT, âgé de 16 mois, mort le 25, fils d’André, secrétaire de M. de MONTFERRIER.

Tous ces actes montrent que de nombreux "migrants" étaient de passage dans la paroisse, travailleurs agricoles, bergers (l’un d’eux, André RAZOU est enterré dans le cimetière le 24.02.1768), mendiants, mais aussi des titulaires de charges à Montpellier ou auprès des nobles de la région. Et puis, on ne saurait terminer sans citer le fait divers qui, le 13.03.1765, a marqué cette période : l’assassinat de François DUMAS, boulanger de Pompignan, sur le chemin de Prades à Treviez. Après un "temoignage de catholicité" que le prieur a obtenu, il fut enterré le 14 dans le cimetière.

  e) Les références :

  • Les minutes notariales : la série 2 E/47 (notaires des Matelles), aux AD 34.
  • Les délibérations de la communauté des habitants : PH 60, aux AD 34.
  • Le registre de la confrérie du Saint-Sacrement : PH 60, aux AD 34.
  • Le registre paroissial (de 1739 à 1785), sur le site en ligne des AD 34 (en fait, deux registres, l’un qui couvre la période 1739 à 1782 et l’autre le reste de l’année 1782 jusqu’en 1785, les deux sous la cote 5 Mi 8/11).
  • Le mémoire du prieur Joseph CLAPAREDE : 1 E 1419, aux AD 34.
  • L’article sur les de VEISSIERE dans le "Dictionnaire des Biographies Héraultaises" (p. 1868), de Pierre CLERC, qui a tiré ces informations des "Etudes historiques sur la cour des comptes, Aides et Finances de Montpellier", par Pierre VIALLES, Montpellier, 1921 (le patronyme est écrit sous la forme de VAISSIERE).

Proposer un commentaire sur cet article

RSS de Loupic News-Letter Page Facebook de Loupic Twittez Loupic

Vite dit vite su

Nous suivre

Au hasard

Articles récents

Dépêches récentes

Commentaires récents

©LOUPIC 2003-2017 | Participer | La Charte | Association PICLOUP | Loupic | CNIL n°1146276 | Contact | | Plan du site | Graphisme N.Héricourt