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Mormellicum - Puech de Mourgues (2/4) : recherches, site et situation

samedi 27 octobre 2007 , par Genty Pierre-Yves, Schneider Laurent , 1  Commenter

 2. Historique des recherches

Les premières recherches concernant l’oppidum et la « ville romaine » du Puech des Mourgues remontent aux environs de 1930. Deux érudits locaux, M. Banquier et A. Favières réalisèrent alors des prospections et des sondages ponctuels. La publication de ces travaux, entreprise dès 1932 à l’initiative de Maurice Louis, représente en fait le seul document apportant des données scientifiques concrètes sur le site. L’étude est illustrée, en outre, d’une carte générale de l’oppidum et des sites périphériques, d’une vue de l’oppidum, de deux planches de céramiques et de mobilier métallique ainsi que d’un plan du couvent Saint-Léon. Si la présence d’une agglomération indigène de type oppidum ressort parfaitement de ce travail, les datations sont encore imparfaites en raison, à l’époque, de la médiocre connaissance de l’évolution des céramiques. En fait, « les premiers âges de l’époque romaine » n’existent pas et la « poterie grise-bleutée » ne remonte pas, comme le pensaient les auteurs, à l’âge du fer mais à la fin de l’Antiquité et au haut Moyen Âge. Les descriptions et les dessins de ce mobilier sont toutefois suffisamment explicites pour restituer, en fonction des connaissances actuelles, les différentes phases de l’occupation : âge du fer, Antiquité tardive et haut Moyen Âge.

Par la suite, l’oppidum est mentionné brièvement dans un inventaire (Vallon 1968). L’auteur, Jacques Vallon, connaissait bien les lieux et avait accompagné l’un d’entre-nous (P.-Y. Genty) sur place vers 1980 au moment où d’importants travaux de reboisement avaient totalement détruit la partie ouest du site et fait disparaître un grand seuil d’entrée aménagé au sein d’un segment du rempart.

Les recherches ultérieures ont privilégié le couvent sommi-tal dont les vestiges ont toujours été interprétés à tort comme étant d’origine antique. Dans les années 1960 et 1970, d’importants travaux clandestins ont été réalisés dans la partie orientale des ruines mais aucune documentation archéologique n’a été constituée.

Des fouilles autorisées ont été cependant rouvertes en 1980 par le professeur J.-J. Dufeil et ses étudiants. Les travaux qui ont surtout concerné le déblaiement d’une citerne centrale demeurent d’un faible intérêt du point de vue de la reconnaissance des phases d’occupation et de la compréhension des architectures puisque aucun plan n’a été levé.

En 1987, P.-Y. Genty dresse un état des lieux après une visite détaillée et réalise un premier plan de localisation sur carte IGN agrandie (Genty 1987).

Le SIVOM du Pic Saint-Loup et l’Office Départemental éditent, en 1989, une monographie communale sur Saint-Bauzille-de-Montmel. Les auteurs y rappellent les découvertes de l’oppidum et commentent un grand nombre de textes médiévaux et modernes concernant le « monastère » et les « prieurés » de Saint-Germain-de-Fournès et de Saint-Bauzille-de-Montmel.

Enfin en 1993, dans le cadre de cette présente enquête P.-Y. Genty (1993) réalise une prospection systématique des lieux en reportant les résultats sur un fond photographique au 1/2 000. En consignant ainsi par petits secteurs la densité (abondance, moyenne représentation, dissémination et absence) des indices d’occupation humaine mais aussi la nature du terrain (ressauts rocheux, surfaces dénudées...) une cartographie périodisée a pu être réalisée. Cette prospection minutieuse a donné lieu également à la découverte d’une tombe à incinération sur la pente sud du Puech des Mourgues (Dedet 1995).

 3. Site et situation

3.1. Facteurs naturels (fig. 3)

Écrasant de sa masse et de sa hauteur le petit bassin aux sols fertiles de Saint-Bauzille-de-Montmel, qui s’étale à une altitude moyenne de 100 m, le synclinal du Puech des Mourgues, gigantesque table culminant à 270 m, s’intègre au sein de la première ligne de relief important depuis le secteur littoral. Ce vaste plateau rocheux est découpé par une double couronne de falaises verticales du Valanginien.

La table sommitale est formée d’un plateau rocheux incliné d’ouest en est sur une distance de quelque 800 m tandis que du nord au sud sa largeur maximale est de 250 m. De hautes falaises la limitent au nord-ouest, mais, à l’est et au sud, la bordure prend plutôt l’aspect d’escarpements dégradés.

Le second anneau de falaises est bien plus impressionnant et couronne cette fois-ci le relief aux deux tiers de sa hauteur suggérant d’emblée un véritable rempart naturel. Avec des à-pics de 20 à 30 mètres la falaise contourne presque complètement le relief, même si l’on peut noter, du côté est et dans la partie médiane de la face nord, des points de faiblesse en raison de sa dégradation.

Entre ces deux barrières rocheuses le versant présente une inclinaison moyenne et se trouve subdivisé en deux ressauts intermédiaires. Du côté sud et est, cette bande de terrain s’élargit tandis que la pente y devient plus douce. C’est là que les établissements de l’âge du fer, puis de la fin de l’Antiquité et du haut Moyen Âge ont été installés.

En contrebas de cette deuxième falaise, le versant du Puech des Mourgues forme un vaste cône de sédiment argilo-marneux en pente assez douce jusqu’à la plaine de Saint-Bauzille-de-Montmel du côté sud, mais nettement plus abrupte sur les autres faces. Des ravins rayonnants ont incisé ce cône qui a porté des cultures en terrasses aujourd’hui à l’abandon.

3.2. Communications

Si, depuis les travaux de G. Charvet (1873), l’historiographie a toujours considéré que l’oppidum de Mormellicurn jalonnait la grande voie antique reliant Nimes à Lodève par Sommières puis Tréviers, force est d’admettre qu’aucun témoignage archéologique particulier ne permet de confirmer cette hypothèse en toute certitude autour du Puech des Mourgues.

Une autre voie de communication, cette fois-ci d’axe nord-sud passant à l’est de l’oppidum a été partiellement décrite et interprétée également comme un itinéraire antique reliant cette fois-ci Anduze à Se ;ctonfto-Castelnau-le-Lez (Louis 1931b).

Comme le village médiéval de Saint-Bauzille s’est formé à l’intersection de ces deux voies, on ne peut totalement exclure que ces itinéraires trouvent leur origine dans le haut Moyen Âge.

P.-S.

Avec l’aimable autorisation de Pierre-Yves Genty et Laurent Schneider. Dactylographie : Luc Perrey.

Cette page est une partie de l’article "Mormellicum (Puech des Mourgues)" extrait de "Les agglomérations gallo-romaines en Languedoc-Roussillon, II" sous la direction de Jean-Luc Fiches. Parution en 2002.

Sommaire et liens vers autres parties de l’article :

1 Message

  • Mormellicum - Puech de Mourgues (2/4) : coquile ... Le 10 avril 2014 à 17:42, par Nadine Loretz-Eyraud

    Bonjour,
    Merci pour cet aricle combien intéressant ..
    Je me permets de vous signaler qu’une coquile s’est glissée dans la partie 2 (historique des recherches) :
    le Professeur DUFEIL ne se prénommait pas J.-J., mais Michel-Marie.

    Je tenais à vous en faire part, ayant été une de ses étudiantes ...

    Très cordialement,
    Nadine Loretz-Eyraud

    Répondre à ce message

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