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Mormellicum - Puech de Mourgues (1/4) : sources

samedi 27 octobre 2007 , par Genty Pierre-Yves, Schneider Laurent , Commenter

1. Sources

1.1. Textes

1.1.1. Textes antiques

Aucun texte antique, aucune inscription ne concerne directement ou indirectement le site.

1.1.2. Textes médiévaux

Si le toponyme actuel du site (le Puech des Mourgues) fait référence à un établissement de religieuses installées sur la hauteur au début du XHIe siècle (Cart. Mag. II, 523 et 525), Montmel, le déterminant associé aujourd’hui à l’hagiotopony-me Saint-Bauzille désignant le village qui s’est formé au pied du relief des Mourgues, est un toponyme connu dès le IXe siècle (fig. 1).

La première occurrence, en 816, l’associe en effet à un castrum (A.D. Gard, H 106, P 13r ...in suburbio de Castro Mor-mellico). Le terme faisant plutôt référence à un établissement fortifié et/ou de hauteur, le contexte topographique du Puech des Mourgues convient mieux dans ce sens que celui du village actuel de Saint-Bauzille-de-Montmel, village ouvert, établi en contrebas. En 853 ou en 906, une charte mal datée du cartulai-re d’Aniane (Cart. An. : 202, n° 62) situe des biens dans le pagus de Maguelone sub castra Sustantione Atennorinellico (mauvaise lecture de atque Mormellico ?). Dans le dernier tiers du Xe s., l’église Saint-Hilaire (de Beauvoir) et l’honneur de Garrigas (village actuel de Garrigue) sont placés dans la vica-ria de Mormellico ou de Mormolacus (L.I.M., n° 376, p. 559 et n° 401, p. 580).

Il faut attendre la seconde moitié du Xlle s. pour que le toponyme soit enfin associé à l’église Saint-Bauzille. En déduire que cela est dû, entre le Xe et le Xlle siècle, à un déplacement et à une restructuration de l’habitat à proximité de ce sanctuaire établi au pied du relief de Monnellicum ne semble pas être une hypothèse très hardie. Au cours de la première moitié du XHIe siècle, le monastère Saint-Léon, implanté sur le sommet du relief, conserve d’ailleurs le souvenir de ce vieux nom puisque les scribes parlent à plusieurs reprises de l’église Saint-Léon de Mormetge, de Mormellico ou encore de Monmet-ge (Hamlin 2000 : 257).

En définitive, le toponyme Mormellico a été attaché à trois sites distincts. Désignant primitivement le grand synclinal qui domine la plaine de Saint-Bauzille et Monthaut, il est attaché, au IXe siècle, à un castrum, reliquat possible d’une agglomération tardo-antique. À partir du Xlle siècle il sert également de déterminant à l’église et à la paroisse Saint-Baudile, centre eqdésial établi cette fois-ci au pied du relief, auprès duquel s’est formé un village médiéval, chef-lieu de commune actuel. Au XHIe siècle le toponyme est néanmoins toujours utilisé comme déterminant associé au nouveau monastère Saint-Léon, établissement de nonnes établi au sommet du synclinal dont le souvenir encore maintenu par la toponymie actuelle (Le Puech des Mourgues : le mont des nonnes) a fini par supplanter la référence primitive (Montmel, Mormellico). À la fin du XVIIIe siècle, sur la carte de Cassini, le relief prend d’ailleurs le nom de Puech Saint-Léon.

1.2. Inscriptions

Néant.

1.3. Toponymie

L’examen systématique des 70 noms de lieux-dits portés sur le cadastre de 1830 ne fournit aucun élément facilement ratta-chable à l’existence d’une occupation romaine ou pré-romaine de l’environnement large du massif du Puech des Mourgues. Les toponymes se partagent essentiellement entre des transcriptions de données touchant à la morphologie du terrain (la Léquette : petites pierres plates...), à la nature de l’occupation humaine du moment (les Peyssels : piquets-tuteurs de jardins ; les Closades : terrains enclos de murs...), aux noms de propriétaires ou à leur statut (Coste Bertine, la Nicole, Claud de la Dame, Puech Carbonnier...), à la végétation sauvage ou aux cultures du lieu (Bois Noyers ; les Aspes pour Aspic : lavande sauvage ; les Aubes : peupliers ; Serre de Cane ; Devois des Aniaux...). Seuls deux ou trois noms paraissent être d’une origine plus ancienne, mais ils ne sont guère explicables : le ruisseau de Valens, le mot Luna qui s’applique à une éminence calcaire bien marquée et la rivière intermittente, la Bénovie, mentionnée dès le XHIe siècle (Cart. Mag. II, p. 205).

Certains noms de lieux font par contre directement référence à la période médiévale lorsqu’ils sont présents sur l’emplacement même d’un habitat permanent, comme Saint-Germain pour l’actuel mas et sa chapelle romane en ruine, situés juste au nord du Puech des Mourgues, dont les premières mentions remontent aux XlIe-XIIIe siècles (Cart. Mag., l, p. 53 et 59 et III, p. 477), et, bien entendu, Saint-Bauzille-de-Montmel, vocable attaché aujourd’hui au village actuel.

Quelques lieux-dits pérennisent des faits ou des biens disparus de la période médiévale comme le Clos de Mourgues, le Puech de las Mourgues, Ruines du Couvent de las Mourgues et Puech Saint-Léon (carte de Cassinï) qui se rapportent indiscutablement au couvent Saint-Léon dont les ruines sont toujours visibles mais qui ne semble avoir fonctionné qu’au XHIe siècle ; mourgues désignant des moines ou des nonnes. On notera encore le Pas du Capelan au passage obligé du religieux desservant à la fois les lieux de culte de Saint-Germain-des-Fournès et de Saint-Bauzille-de-Montmel, et, enfin le Claud de la Dame pour une terre de la communauté religieuse du couvent Saint-Léon dont les biens ont été gérés par la dame prieure de l’abbaye de Saint-Félix-de-Montceau.

En définitive, dans la toponymie actuelle aucun nom ne fait directement ou indirectement référence à l’agglomération antique, ni d’ailleurs à ses ruines qui pourtant ont dû rester visibles assez longtemps dans le paysage.

1.4. Signes paysagers

On ne distingue pas à proprement parler d’anomalie parcellaire. La zone d’altitude moyenne du Puech des Mourgues et son plateau sommital sont en fait découpés par de très grandes parcelles dont les limites sont tantôt recti-lignes et arbitraires, tantôt sinueuses et adaptées aux contraintes morphologiques naturelles comme les limites de falaises. De l’organisation antique et protohistorique, il n’y a presque plus rien de visible à l’exception de quelques rares lambeaux de murs de terrasses ou de rempart qui ne sont pas encore effondrés et qui n’ont plus aucune répercussion au niveau des limites de propriétés. L’aspect actuel des lieux reflète directement l’action de l’érosion des pentes à partir d’un socle géologique marqué par une alternance de strates calcaires plus ou moins résistantes et de bancs de marnes friables, d’où une succession concentrique de ressauts plus ou moins importants alternant avec des pentes moins prononcées. Ce phénomène d’érosion toujours actif a bien évidemment participé à la dégradation de l’habitat antique et à la déformation de son image au sol par un étalement des indices d’occupation dans les pentes (fig. 2).

L’aspect peu parcellisé et très dénudé de la zone de l’habitat primitif laisse envisager qu’après l’abandon, les lieux n’ont même pas été réutilisés pour des mises en culture, mais ont été plutôt voués à la paissance de troupeaux d’ovi-capridés ce qui a dû accélérer la dégradation des sols. La présence d’un important élevage à Saint-Bauzille-de-Montmel à l’époque moderne, mais peut-être aussi durant le Moyen Âge, ressort de la présence de 22 bergeries sur le territoire de la commune à la fin du XVIIIe siècle (Bonnet 1989 : 86), mais également de l’existence de « droits de dépaissance » sur le Puech Saint-Léon (pour des Mourgues), dit aussi le Devois du Mont Saint-Léon accordé sous l’ancien régime aux fermiers des terres de l’ancien couvent Saint-Léon (Bonnet 1989 : 69 et 85).

Sous le niveau des falaises, la pente diminuant, un parcellaire de terrasses abandonnées se développe sur le versant sud en direction du village médiéval. Il est lié, à l’époque moderne en tout cas, à une intense activité oléicole mais n’a pas d’origine datée, même si l’on peut admettre que les habitants de l’ancienne agglomération devaient vivre en partie de l’exploitation de terres distribuées en dehors de la couronne des falaises.

1.5. Mobilier remarquable

Plus que les restes de constructions, extrêmement rares en l’absence de fouilles, ce sont les silex taillés et les éléments de terre cuite, toitures et poteries, répartis à la surface du terrain, qui caractérisent ici la présence d’une agglomération et les principales phases de l’occupation humaine. Après une fréquentation à l’époque préhistorique, ce sont les amphores étrusques et massaliètes, et de plus rares fragments de céramiques modelées qui mettent facilement- en exergue une première fréquentation agglomérée qui est centrée autour du Ve siècle avant J.-C.

Pour l’Antiquité romaine, les témoins matériels les plus fréquents sont les céramiques tournées oxydantes à pisolithes, les amphores africaines et les tegulae. Ceux-ci sont accompagnés plus ponctuellement de quelques fragments de vaisselle fine comme les céramiques claire B-luisante, claire D et paléochrétienne estampée réductrice. À cette phase, centrée sur un large Ve siècle, s’ajoute une ultime fréquentation de l’habitat aux VIe-VIIe s. caractérisée par des céramiques réductrices à pâte kaolinitique retrouvées en moins grand nombre mais, il est vrai aussi, plus difficiles à déceler en surface en raison de la tonalité grise du sol.

1.6. Paléo-environnement

Aucune donnée.

P.-S.

Avec l’aimable autorisation de Pierre-Yves Genty et Laurent Schneider. Dactylographie : Luc Perrey.

Cette page est une partie de l’article "Mormellicum (Puech des Mourgues)" extrait de "Les agglomérations gallo-romaines en Languedoc-Roussillon, II" sous la direction de Jean-Luc Fiches. Parution en 2002.

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