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Le siècle passé : aux petites galeries

lundi 6 janvier 2003 , par Perrey Luc , 1  Commenter

En 1919, Germain Cazes se lance dans la vente ambulante de menue mercerie (c’était le terme exact), récupération de vieux métaux, peaux de lapins et appaâts de sa fabrication pour la pêche à la ligne. Il tire, de cet inventaire à la Prévert, de substantiels bénéfices jusqu’après la guerre, cessant ses activités en 1947.

Les Petites Galeries sont à la vente. C’est alors que Charles Quet, cévenol originaire du bassin d’Alès, tour à tour : mineur, maçon et viticulteur, reprend les tournées trois jours par semaine.

D’abord avec une charette tirée par un cheval. Le même qui lui sert aux travaux de la vugne. En 1956, les gelées figent tout le vignoble. Beaucoup de vignerons sont ruinés, le fermage de Charles Quet n’est pas renouvelé et il pend un patente de commerce ambulant de "20 km à la ronde".

L’emploi du temps s’organise. Le lundi et le mardi sont réservés à l’approvisionnement. Au début il se fait à vélo vers Alès ou Le Vigan. Au retour, les achats débordent des portes bagages avant et arrière des deux bicyclettes (Madame qui assure toute la patie comptable l’accompagne).

Dès le mardi et jusqu’au samedi, la voiture hippomobile assortie de quelques étagères d’un côté, d’un compartiment pour le foin et l’avoine de l’autre, fait halte à Valflaunès, puis à Tréviers, sous un arbre du café des platanes (le bien nommée), avant de se diriger sur Saint Bauzille de Montmel, Sauteyrargues, Vacquières ou de rallier les Matelles.

En 1952, Charles passe son permis de conduire et devient propriétaire d’une vieille C4 qu’il démarre à la manivelle. Puis il fait l’acquisition d’un tuble Citroën, rallongé d’un mètre, qu’il gardera jusqu’à la fin de ses déplacements.

Partout où il passait, une clientèle fidèle l’attendait.
Après les vendanges, les ventes s’envolaient. C’était le moment où l’on achetait les trousseaux. Des paires de draps en métis ou en fil qui, une fois mises entre les mains de brodeuses, à Viols le Fort ou aux Matelles (où sévissait une dénommée Jeanette), devenaient de véritables trésors. Surtout lorsqu’ils étaient assortis de jours de Venise. A l’occasion de la St Joseph, le mercier vendait des espadrilles pour monter plus aisément au Pic Saint Loup. Les mouchoirs blancs, parés d’initiales, étaient synonymes de communions. Des articles que les ménagères achetaient grâce aux fameux carnets d’épargne à timbres marqués du tampon des Petites Galeries. On lui demandait aussi de l’élastique, de la chevillère pour border les vêtements de travail, du "chinois", sorte de gros fil, mais aussi des culottes, des soutiens-gorge, des chaussettes, de la laine qu’il faisait venir de Roubaix, des bas mousse "la Gerbe" rapportés "en gros" de Sumène (entre 100 et 150 paires par an)... Bref, jusqu’en 1982, date où Charles Quet arrêta de faire la route, un grand déballage de menue mercerie.

P.-S.

Source : Le guetteur de Montferrand. Octobre 2000

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