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La tour de Montredon : symbole identitaire et mémoire collective

jeudi 28 août 2008 , par Fernandez cécile , Commenter

Jusqu’à présent, nous nous sommes employé à donner des chiffres, à tenter de faire entrer ce
projet de valorisation dans un cadre économique. Il est temps à présent, d’aborder sa véritable
substance, celle que nous ne pouvons calculer mais qui est pourtant réelle. Pour cela, revenons sur
les mécanismes qui engendrèrent la notion d’identité nationale et par là même celle de patrimoine
collectif.

  Les prémices

Au XVIIIe, en réaction à l’hégémonie de la culture classiciste française, les nations cherchèrent à
se définir autour d’un héritage symbolique et matériel qu’il convenait aux érudits de définir. Pour
reprendre la formulation d’Anne Marie Thiesse : « la nation nait d’un postulat et d’une invention,
mais elle ne vit que par l’adhésion collective à cette fonction »16. Pour ce faire, elle « affirme
l’existence d’un intérêt collectif ».
Une identité nationale s’oppose au concept de modernité dans le sens où elle se veut immuable,
elle choisie donc ses références en plongeant « dans les profondeurs de l’histoire », pour « aller
retrouver dans le bas de la société les reliques enfouies du leg des pères »17. Elle se dote ainsi d’une
légitimité culturelle. L’Etat est pris à partie dans cette recherche, car il doit être à la fois
l’instrument qui ancre la nation dans le présent, qui l’adapte, tout en étant légitime : c’est-à-dire
qu’il doit être le digne héritier d’une tradition nationale. C’est sans doute ce qui explique, que dès
le début du XIXe siècle, l’état organisa un dispositif officiel d’inventaire de la culture. C’est dans ce
cadre qu’apparurent les Monuments Historiques qui se veulent être une métaphore de la nation. Il
est alors plus aisé de comprendre l’oeuvre d’Eugène Viollet-le-Duc, et d’autres de ses
contemporains, qui restauraient plus en fonction d’un imaginaire collectif dans lequel est sousjacente
l’idée d’un passé merveilleux, que selon une méthode scientifique.
Au cours de la recherche des identités nationales, les peuples tentèrent de retrouver leur culture
originelle, qui avait était balayée par les Romains. Ils portèrent alors un intérêt tout particulier aux
ruines médiévales, étant entendu qu’elles les rapprocheraient de leurs grands ancêtres. Cette idée
ouvrit la voix à la période romantique pour laquelle on ne saurait taire le nom de Victor Hugo et de
son oeuvre Notre Dame de Paris, véritable ode à un monument médiéval.
Au cours du XIXe les identités des nations trouvèrent un nouvel axe de développement : Les
paysages nationaux. Dans cette course effrénée à la particularité, la France pris le parti de cultiver
l’idée de la variété des ressources du pays, elle multiplia ses paysages identitaires se voulant être une
synthèse de l’Europe. La liste identitaire des pays ainsi achevée conduisit au tourisme culturel.

  Les débuts d’un commerce de masse

« L’entrée dans la liste identitaire de nouveaux éléments [comme les monuments] correspond à
d’importants changements quantitatifs et qualitatifs parmi les acteurs de la construction
nationale »18. Se développe un ensemble « consommateurs » de production nationale en tous genres.
Ils stimulent la production à valeur idéologique nationale, notamment l’artisanat. Ce type de
consommation consolide chez le sujet de façon consciente ou inconsciente l’idée de nation.
« Les choses à voir » créées dès le XVIIIe et entrées dans la « check liste identitaire »19 attirent le
touriste qui n’a pas beaucoup de temps. Il faut donc mettre tous les éléments identitaires qu’il est
venu voir en un même espace. La demande en matière de tourisme s’intensifie tant est si bien qu’au
XXe siècle les touristes sont bien loin du voyageur fortuné du siècle dernier. La carte postale, qui fait
sa grande entrée, est un puissant vecteur de l’éducation du regard, ainsi se créer une iconographie
de masse indispensable à la consommation touristique.

  La Tour de Montredon dans un imaginaire culturel

L’éducation du regard par le biais de cartes postales évoqué tantôt, donne son identité à
l’arrière-pays montpelliérain. Elle passe par un paysage, un patrimoine bâti ainsi que par ses produits
du terroir, essentiellement le vin dans le cas présent.
En ce qui concerne le paysage, il est constitué de garrigues, symbole des régions
méditerranéennes, ainsi que de vignobles et oliveraies. Naturellement, le Pic Saint-Loup ainsi que
l’Hortus surmonter du château de Montferrand, sont des éléments forts et emblématiques de cette
identité, de même que les gorges et vallées.
Au niveau du patrimoine bâti, l’image de ce territoire s’est construite autour de villages
médiévaux dont les éléments bâtis les plus isolés ne manquent pas de les rendre encore plus
authentiques : mas, fortifications médiévales, églises romanes, site archéologiques préhistoriques et
monticules de pierres sèches.
Au sommet du Puech Redon, entourée de garrigue, de vignobles et d’oliveraies, en vue du Pic
Saint-Loup et à proximité de villages à caractères médiévaux, la Tour de Montredon fait partie de
ces éléments isolés. De fait, elle constitue un élément identitaire de cet arrière-pays, et de par sa
typologie peu commune, elle en est également un particularisme. Elle fait partie des éléments qui
peuvent stimuler le tourisme dans le territoire qui s’étend du pied du Pic Saint-Loup aux portes de
Montpellier.

P.-S.

Ce texte est extrait du mémoire LPAATR "la tour de Montredon" : présenté ici.
Ainsi que les articles :

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