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Cette page fait partie d’une série de 6 articles intitulés extraits du document "La plaine de Pompignan : inventaire naturaliste " :
Les milieux naturels sont multiples au sein de notre périmètre d’étude (cf. carte 4 et Carte des habitats en annexe - agrandie) : des prairies (hautes, artificielles, à Molinie, etc.), des pelouses (rases, maigres, à Brachypode rameux, etc.), des garrigues (à Romarin, à Buis, enfrichées ou non, etc.), des forêts (euzières, chênaies pubescentes, pinèdes, plantations de conifères…), des cultures (annuelles ou pérennes, vignes, vergers…), des escarpements (falaises, canyons, crêtes…), des zones humides (rivières, ruisseaux, oueds, sources, mares et lavognes)… Cette impressionnante diversité offre des habitats pour une faune et une flore exceptionnellement riche.
Le milieu naturel phare de la plaine reste la garrigue ouverte. Il s’agit d’une garrigue anciennement pâturée par les moutons et parsemée d’arbres épineux caractéristiques comme le Poirier à feuilles d’Amandier Pyrus amigdaliformis, le Genévrier cade Juniperus oxycedrus et le Paliure épine-du-christ Paliurus spinachristi. La strate arbustive, quand elle est présente est composée de Genêt scorpion Genista scorpius, de Romarin et de Buis Buxus sempervirens.
On rencontre trois principales formations forestières spontanées dans la plaine de Pompignan : les chênaies, les pinèdes et la ripisylve.
Les boisements de Chêne vert (localement appelé euzière) sont les plus présents, notamment sur les versants arides à sol pauvre et superficiel. Ce sont des boisements à feuilles persistantes, qui restent verts, été comme hiver. Ils sont particulièrement florissants dans le bois de Monnier, la forêt de Coutach, le bois de Quintanel, le bois de Labric, ainsi que sur la montagne Saint-Jean (cf. carte 4).
Avec le développement de la chênaie verte, les sols [1] se modifient, la litière organique s’épaissit et la fraîcheur apparaît. Ce sont là des conditions favorables pour le développement du Chêne pubescent, qui tend à recoloniser progressivement les bordures de la dépression, notamment les versants Nord et les combes plus fraîches en versants Sud. Le Chêne pubescent est par ailleurs bien implanté au sein des zones cultivées de la plaine, où il pousse dans les haies et les anciennes friches. Certains spécimens remarquables poussent sur le site de la Gardiole à Conqueyrac, formant une très belle forêt monospécifique.
Elles sont constituées de Pin d’Alep Pinus halepensis. C’est une essence qui n’a pas besoin de sols riches, raison pour laquelle nous la trouvons principalement sur les marnes.
Les plus belles pinèdes se rencontrent au pied de la montagne Saint-Jean sur ses versants Sud et Ouest essentiellement (tout autour du ruisseau de Groussanne), mais aussi sur le versant Nord en moindre quantité et au pied du puech de Mar. Il y en a également sur le versant Sud du pic de Ceyrac et dans le prolongement Nord du bois de Monnier au niveau de la salle de Gour (cf. carte 4).
Les ripisylves sont les boisements des bords de cours d’eau, constitués de Peuliers blancs Populus alba, Peupliers noirs Populus nigra, Frênes Fraxinus angustifolia et saules Salix alba et S. purpurea. Dans une zone aussi aride, la présence permanente de l’eau a un effet « oasis » et crée ainsi un milieu favorable à un grand nombre d’espèces : les ripisylves abritent notamment une importante diversité floristique. Grâce au soleil et à l’eau, la végétation y est luxuriante.
Les ripisylves ont également un rôle tampon lors des crues pour plusieurs raisons :
Les plantations de résineux exotiques sont anecdotiques dans la plaine mais méritent d’être soulignées. Plusieurs parcelles ont été plantés (à titre expérimental ?) en Pin parasol Pinus pinea et en Cèdre de l’Atlas Cedrus atlantica dans la plaine de Mandiargue et au sommet du pic d’Aguzan (cf. carte 4). Quelques essences étonnantes poussent également au Sud-Ouest du pic de Ceyrac. Cela représente une surface d’environ quinze hectares. Au sein de certaines de ces parcelles enrésinées, la flore semble très limitée, compte tenu de la forte concentration d’arbres et de l’acidification du sol qui résulte de la constitution d’une litière composée exclusivement d’aiguilles.
« Formation végétale secondaire (de chênes verts mélangés à des buissons et à des plantes herbacées) qui apparaît sur les sols calcaires après destruction de la forêt, dans les régions méditerranéennes » Le Petit Larousse, ed. 2006.
La plaine de Pompignan nous offre un paysage très particulier constitué de trois types de garrigues : une garrigue ouverte, une garrigue en cours de fermeture, et une garrigue forestière que nous considérerons comme la forêt méditerranéenne présentée ci-avant (chênaies et pinèdes mélangées). La garrigue ouverte est celle où le pâturage a été maintenu jusqu’à récemment. Elle se distingue des pelouses par une présence diffuse d’arbres et arbustes occupant jusqu’à 50 % de la surface considérée. Les principales essences sont le Genévrier cade, le Paliure épine du Christ, le Buis et le Poirier à feuilles d’amandiers. La surface restante est composée de plantes herbacées (pelouses) ou bien de zones rocailleuses décapées. Ce milieu naturel exceptionnel (du fait de sa rareté et de son étendue) est le joyau de la plaine.
On y rencontre notamment des Pies-grièches à tête rousse Lanius senator, des Fauvettes orphées Sylvia hortensis et des Bruants ortolans Emberiza hortulana, avec des densités tout à fait remarquables. Ces trois espèces sont caractéristiques de ce type d’habitat, mais beaucoup d’autres le fréquentent, comme l’Alouette lulu Lullula arborea, l’Hypolaïs polyglotte Hippolais polyglotta et le Bruant proyer Miliaria calandra.
En analysant la cartographie des habitats, on se rend compte que la garrigue ouverte occupe encore 2900 hectares soient 30 % de la plaine. Si l’on regroupe l’ensemble des milieux ouverts (garrigue ouverte, terrains marneux décapés, affleurements calcaires et falaises), on atteint alors 3425 hectares.
La garrigue enfrichée est celle où le pâturage a cessé depuis plus longtemps (au moins dix ans avant). Les pelouses sont bien moins présentes mais Genêts scorpions, Buis, cistes, pistachiers, Romarins et Chênes verts sont abondants ; étonnamment, le Chêne kermès est peu présent dans la plaine. Ce matorral est un refuge privilégié pour les reptiles (17 espèces !) : il leur permet d’être à l’abri de leur principal prédateur : le Circaète Jean-le-Blanc Circaetus gallicus qui se nourrit exclusivement de serpents et lézards.
[1] Le sol : dans ce contexte, il ne s’agit pas du simple support sur lequel on marche. Le sol ou terre arable est l’épaisseur superficielle formée par les débris végétaux (décomposés par les insectes et d’autres petits invertébrés dans un premier temps puis par les bactéries) mélangés aux matières minérales issues de l’érosion de la roche sous-jacente. C’est ce mélange qui forme les petites agglomérations de terre. Le mélange des particules organiques et minérales est essentiellement réalisé par les lombrics (vers de terre). Donc, quand nous dirons qu’un habitat n’a pas de sol c’est que cette couche superficielle meuble n’existe pas et que la roche est quasiment ou totalement à nu. Inversement, les zones cultivées où les agriculteurs font pousser du blé, ont un sol de 30 à 60 cm d’épaisseur recouvrant la roche.