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La démographie Matelloise (1743-1946)

jeudi 27 septembre 2012 , par Cornillon Bernard , Commenter

L’implantation humaine sur le territoire des Matelles est ancienne si on considère toutes les traces paléolithiques et surtout néolithiques collectées. Mais cette présence avérée ne signifie pas qu’il existait un village préhistorique comme on peut en voir un à Cambous (Viols-en Laval).
Même pour les périodes romaine, gallo-romaine ou du premier Moyen-Age, nous n’avons pas d’indice d’une présence humaine permanente et groupée.

Si la présence d’un village est attestée dès le XIIe siècle, par contre aucune estimation de la taille de sa population n’est disponible avant le XVIIIe.
Voici ce qu’on peut savoir du nombre de Matellois (Notre-Dame-des-Champs non compris) entre 1743 et 1946 :


La population du village (au sens strict, dans les remparts) varia de 292 à 329 habitants pendant que celle des écarts (Galabert, le Rouquet, la Baraque, la Baraquette, Réganel et la Plaine) passa de 45 à 70 habitants.

La mortalité
Entre 1775 et 1800, environ la moitié d’une classe d’âge mourait avant 20 ans, dont un tiers avant 5 ans. Une fois passé les 5 ans, la longévité moyenne était de 51 ans. Le doyen fut Jacques DELMAS mort à 92 ans en 1785. A cette époque, on ne restait pas célibataire : on retrouve seulement 3 cas de décès de célibataire entre 35 ans et 60 ans : jusqu’à un âge avancé, les veufs et les veuves se remariaient rapidement après leur veuvage.

Un siècle plus tard, pour la population matelloise hors Notre-Dame-des-Champs, entre 1875 et 1896, 42% d’une classe d’âge disparaissait avant 20 ans, dont 31% avant 5 ans et 11% entre 5 et 20 ans. Ce n’est donc pas sur la mortalité avant 5 ans que des progrès furent réalisés. Pour ceux qui atteignaient les 5 ans, la longévité moyenne était alors de 57 ans.

La taille des familles
Les témoignages des anciens du village parlent de familles en général de moins de quatre enfants au début du XXe siècle ; cela semble peu par rapport à d’autres familles rurales françaises.
Tirés des recensements de 1836, 1876 et 1926, voici un indice pour approcher la taille des familles : le nombre d’enfants de moins de 25 ans pour un foyer au moment d’un recensement. Cette valeur est certainement sous-évaluée (enfant de plus de 25 ans encore chez ses parents, enfant placé et donc absent chez ses parents, enfants décédés, fratrie encore incomplète au moment du recensement...), mais elle est une première approche.

En 1836, les familles ont majoritairement au plus 3 enfants ; mais en 1876 et 1926 ce sont les familles de un ou deux enfants qui sont les plus nombreuses.
Le nombre moyen d’enfants recensés chez leurs parents est de 2,6 enfants par foyer en 1836 (58 foyers), de 2,0 en 1876 (65 foyers) et de 1,8 en 1926 (58 foyers).

Les apports extérieurs
La population d’un village n’est jamais isolée de son contexte humain, du moins durablement. Ainsi les Matellois de toute époque ont vu certains d’entre eux partir définitivement, mais aussi la population s’enrichir de nouveaux arrivants.
La plaine du Languedoc a toujours été une voie de passage, que ce soit pour le commerce, la culture ou les conquêtes. Sans être enclavée comme certaines régions de montagne, la zone des garrigues est cependant un peu en retrait de cette plaine languedocienne et les échanges de population y ont donc été longtemps essentiellement locaux.

Ainsi lors du recensement de 1911, sur 85 ménages dont les deux conjoints sont français, 31% sont l’union de deux Matellois. Les autres rassemblent soit un Matellois à un non Matellois, soit deux non Matellois (21%).

Evidemment les apports les plus fréquents étaient constitués des mariages avec un conjoint venant d’une commune des alentours.
Toujours en 1911, dans 21% des ménages, le conjoint matellois avait marié une femme ou un homme du canton ou d’un canton immédiatement voisin.

Une autre part d’installation d’habitants non originaires des Matelles a été liée à la pratique de la transhumance des moutons. A l’estive, les bergers gardant les troupeaux matellois embauchaient souvent sur place de jeunes aides ; et parfois, à l’automne, ces jeunes redescendaient dans la plaine avec les troupeaux. C’est ainsi que certains de ces enfants de Lozère ou d’Aveyron ont fait souche dans notre village.
Sinon les autres apports par mariage nous viennent essentiellement du Gard, de la Lozère et de l’Aveyron.

Que ce soit dans les rapports des visites pastorales, l’état civil ou les recensements, la mention d’étrangers aux Matelles est exceptionnelle.
Mais de 1911 à 1931 (dernier recensement accessible au public), l’immigration d’origine étrangère s’est développée. Comme pour les produits agricoles ou industriels, la mobilité des hommes s’est accrue avec les nouveaux moyens de transport ; des conditions économiques difficiles dans les pays d’origine ou le remplacement des travailleurs tombés en 1914-1918 peuvent être également des explications.

En 1911, on a recensé 27 étrangers (5 foyers), 42 (12 foyers) en 1921, 60 (19 foyers) en 1926 et 59 (19 foyers) en 1931. Mais en moyenne seule la moitié de ces familles est retrouvée sur la commune au recensement suivant, soit cinq ans plus tard. Leur mobilité était donc importante.

Ils étaient d’origine italienne ou espagnole. Sur ces quatre recensements, les Espagnols représentaient les trois cinquièmes des étrangers domiciliés au village ou dans les hameaux.
Les Espagnols venaient essentiellement de Catalogne, de la province de Valence, d’Aragon et de Castille. Quant aux Matellois italiens, beaucoup étaient originaires de Torraca, une ville de Campanie et les autres de Lombardie, de Toscane ou du Piémont.

Si on s’intéresse à leur métier, une différence nette se dessine : en gros, les Espagnols s’occupaient des vignes et les Italiens des bois.
A plus de 60% les Matellois espagnols étaient des cultivateurs. Et un peu plus de la moitié des Matellois italiens étaient recensés comme bûcherons.

Par la suite, de 1950 à nos jours, la démographie de la population matelloise a beaucoup évolué, tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif. Ces changements seraient à décrire, évaluer et replacer dans un contexte national.

Mais c’est une autre histoire… qu’il faudra bien écrire.

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