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L’urbanisme à Saint-Mathieu et Tréviers

dimanche 26 juin 2005 , par Arnal Jean, Rouquette Sylvie , Commenter

L’urbanisme à Saint Mathieu de la Renaissance au début du XVIIe siècle

Au fur et à mesure de l’augmentation du nombre d’habitants, s’installe un système d’architecture basé sur la défense nocturne. Pendant la journée, l’activité de chacun permet de se rendre compte du mouvement des « étrangers », soit des gens des villages voisins, soit des inconnus. La nuit, chaque famille isolée dans sa maison ne peut être secourue ou aller aider les autres. Aussi est adopté le système des villes romaines notamment Leptis Magna en Lybie : une rue principale sur laquelle s’ouvrent des impasses bordées de trois à cinq maisons aveuglées à l’extérieur. La nuit venue, la rue principale et les impasses munies d’arceaux de pierre (fig. 24) pouvaient être fermées. Dans l’impasse située en face M. Antoine Allègre, il y avait gravé sur le linteau de la porte d’une maison du XVIIe siècle, le nom du propriétaire et la date de construction. C’était celle de M. Montel, maçon, qui avec son collègue J. Ricome avait réparé le mas de Laurent Ricome en 1606. Dommage que ces maisons récemment détruites laissent voir les vestiges de voûtes éventrées.

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Fig. 24 - Dernière porte d’impasse du village de Saint Mathieu. (Photo Michel)

II ne reste plus qu’un arceau en place (fig. 24). Face à lui, un autre arceau portait une moulure et la date d’érection. Il a été emporté par une personne prétendant en être propriétaire alors qu’en réalité c’est une pièce d’architecture collective appartenant à la communauté. En face, l’habitation de Michel Rougé dans un quartier agrandi par la démolition d’un bâtiment, se trouve au sud de la maison de la famille de Rougier, bourgeois, dont le père était châtelain et le fils capitaine à Monferrand vers 1610. Sa façade se reconnaît à une petite fenêtre à meneau, la seule existant dans le village. La fenêtre ogivale située en dessous a été ajoutée récemment.

La rue principale d’abord dirigée du sud au nord tourne ensuite en angle doit vers l’est. Avant et après cet angle, deux rues ou chemins ouverts sur près de six mètres de large étaient autrefois réduits à trois mètres de façon à pouvoir mettre un arceau et une fermeture. Ce dispositif est encore visible sur le plan cadastral de 1833 conservé à la mairie du village. Les portes n’avaient cependant ni barre coulissante ni herse pour les clore. Un tel système de défense protégeait la population des pillards du voisinage. Contre le passage des grandes compagnies ou lorsque les guerres de religion sévissaient, il n’y avait d’autre ressource que de se réfugier au château ou de se cacher dans les bois où les grottes abondent.

L’urbanisme à Tréviers

Si St-Mathieu n’a pas eu les moyens de s’envelopper d’un rempart comme Prades ou Les Matelles, les « masages » de Pouzols-Pourols, la Fabrerie et la Vieille n’avaient pas suffisamment de maisons à enfermer dans des quartiers et même pas la possibilité de fermer l’unique rue. Le prieuré de Cécelès entièrement détruit ne donne aucune indication architecturale sur son existence.

Nous constaterons simplement que les masages ont leurs maisons très serrées séparées par une ruelle étroite, système de défense primaire propre à donner une illusion de tranquillité et une protection contre les accidents ou maladies, le secours du voisin étant facilité. II y a 4 000 ans, les préhistoriques serraient leurs longues maisons en faisceaux dans le bois de Valène-Hortus. Leurs habitants y voyaient une protection orientée contre les animaux sauvages ou les razzias des voisins. Lorsque arrivèrent les envahisseurs du Bronze ancien dans la région, deux villages se sont fortifiés et ont partagé le sort de tout système défensif car dans les actions de guerre l’offensive gagne le plus souvent.

P.-S.

Source : "Saint Mathieu de Tréviers - Cinquante mille ans d’histoire". Livre écrit par Jean ARNAL avec la collaboration de Sylvie ARNAL - 1986
Avec l’aimable autorisation de Michel Arnal.

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