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L’habitat coopératif comme solution aux problèmes dus à l’accroissement de population à St Mathieu de Tréviers

vendredi 30 novembre 2012 , par Boulin Anthony , Commenter

Le village de St-Mathieu-de-Tréviers comptait en 2009 une population de 4662 habitants (source INSEE) qui progressait d’environ 3% par an, alors que les villages alentours étaient au grand maximum à 1% d’augmentation annuelle. Cet écart naît, en partie mais nécessairement, d’une certaine volonté politique des élus de voir grandir le village. Cependant, vouloir le voir grandir à tout prix sur des logiques d’accueil de populations encore marquées par les formes d’urbanisme de ces dernières décennies implique des effets néfastes multiples. L’habitat coopératif peut alors offrir de nouvelles solutions.

La politique d’accueil de nouvelles populations de St Mathieu semble poser des problèmes au niveau écologique (dégradation de l’environnement naturel pour la construction de nouveaux logements et aménagements urbains), au niveau économique (spéculation immobilière) et au niveau social (potentielle perte de lien social et de vie de village), d’autant que les communes alentours ne subissent pas autant ces problèmes.

Deux solutions semblent possibles pour enrayer ce phénomène néfaste :

  • refuser catégoriquement une augmentation de la population de St Mathieu au-delà des 5000 habitants, politique défendue par certains notamment à travers cet article de 2007.
  • orienter cet accroissement démographique vers une plus-value écologique, économique, sociale et territoriale, et cela à l’échelle intercommunale pour une répartition des populations sur le territoire.

Pour cette seconde solution, et en ne parlant pour le moment que des politiques d’habitat, on peut favoriser l’installation d’un habitat :

  • écologique : on ne parle pas là de normes BBC ou HQE mais plutôt de constructions bioclimatiques et passives, voire à énergie positive, des constructions mitoyennes, afin d’éviter le mitage, avec des espaces extérieurs mutualisés (moins spaciovore) et gérés collectivement (responsabilisation et démocratie), l’utilisation de matériaux écologiques locaux, afin de favoriser le maintien, la diversité et la valorisation des filières locales, ou même de constructions légères/éphémères, sans fondations (destructrices des sols) et donc sans impact à long terme sur l’espace car faciles à désinstaller (elles voyagent/déménagent avec ses habitants) pour un réaménagement spatial.
  • non-spéculatif : l’habitat dit "participatif" ou "coopératif", déjà sous-jacent dans le point précédent, offre à ce niveau des solutions très intéressantes car il entend lutter contre la spéculation grâce à la gestion collective du bien immobilier, et cela à travers diverses formes d’habitat, notamment celles se rapportant au mouvement de revendication du statut des coopératives d’habitant, ou celles fonctionnant sur la propriété d’usage.
    L’habitat coopératif offre également des garanties en terme de lien social, de solidarités, et même de dynamisme économique et culturel local. On a ainsi constaté que, de manière générale, les habitants de projets d’habitat coopératif insérés dans les villages ou dans leur très proche périmètre s’investissaient beaucoup dans les associations locales, créaient eux-mêmes des activités associatives, culturelles, artisanales, économiques au sein du village, s’impliquaient dans la vie politique locale. La forme d’habitat, avec une gestion collective des espaces, avec une conception visant à faire se rencontrer très régulièrement les habitants, renforce en effet les pratiques démocratiques et la faculté de chacun à s’investir dans l’aménagement et la dynamisation pour l’intérêt collectif de son espace de vie.
    On observe également que l’implantation de ce type d’habitat incite à la création sur le même territoire de nouveaux projets sociaux et solidaires. L’habitat coopératif est donc susceptible de créer une spirale positive vers le développement de projets et vers un dynamisme local dont les objectifs s’inscriront automatiquement dans le respect de l’environnement, le lien social, la solidarité, la démocratie, l’échange et l’enrichissement culturel, au bénéfice du plus grand nombre.

En complément d’une politique intercommunale orientant l’accueil de nouvelles populations vers ce type de projets d’habitat (habitat coopératif et habitat léger), il suffirait alors d’être à l’écoute de cet ensemble de projets sociaux et solidaires susceptibles de s’installer sur le territoire et de leur offrir les conditions favorables à leur épanouissement.

P.-S.

Plus d’informations :
- sur l’habitat coopératif en général : http://www.mundosposibles.org/wakka.php?wiki=EtUdes (rapport de l’association OïSA [Observatoire international/itinérant des systèmes alternatifs], longtemps basée à St Mathieu, spécialiste de la coopération et de l’habitat coopératif)
- sur l’habitat léger : voir les associations HALEM (www.halemfrance.org) et Yurtao (yurtao.canalblog.com)
- sur les coopératives d’habitants : www.habicoop.fr (site de l’association référente Habicoop)
- sur l’habitat coopératif en propriété d’usage : site du CLIP (clip.ouvaton.org), association pionnière sur cette forme d’habitat en France

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