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Information sécheresse dans l’Hérault : point de situation au 13 avril 2005

jeudi 5 mai 2005 , par Perrey Luc , Commenter

L’étiage actuel des cours d’eau correspond à ce qui est généralement constaté deux à trois mois plus tard par rapport à cette même période de l’année.
La plus grande vigilance doit être observée .

1- Données climatologiques
2- Données hydrologiques
3- Données du réseau ROCA
4- Remplissage des retenues artificielles
5- Ressources en eau souterraine
6 Teneur en eau des sols
7- Milieux aquatiques
8- Besoins en eau potable
9- Besoins en eau pour les activités agricoles
10- Conclusion

1- Données climatologiques

Des pluies absentes d’une grande partie du territoire départemental pendant le premier trimestre 2005...

Sur une grande moitié du département, à l’ouest d’une ligne passant de Béziers à Lodève, les pluies cumulées sur ces trois derniers mois sont inférieures à 75 mm.

L’intégralité des bassins versants de l’Hérault, du Libron, de la Mosson et du Lez sont concernés par ce déficit pluviométrique.

Le manque de pluie touche encore plus sérieusement l’étang de l’Or et le Vidourle.

L’ouest a été plus épargné avec des pluies plus conséquentes sur les Hauts Cantons, et des pluies entre 100 et 250 mm sur les bassins versants de l’Agout,de la vallée de l’Orb,de la Mare,du Jaur et du Vernazobre.

Le mois de mars est resté sensiblement déficitaire avec des précipitationspartout inférieures à 50 mm .

Les premières (faibles) pluies du début de ce printemps n’ont pas permis de combler le très important manque de précipitations depuis le début du mois de novembre 2004.

Les secteurs de plaine (moins de 25 mm) et la partie est du département (moins de 10 mm) sont les plus touchés .

2- Données hydrologiques

L’ensemble des cours d‘eau du département est affecté par le déficit pluviométrique des derniers mois.

L’intégralité des stations de mesure gérées par la DIREN indiquent des débits caractérisés de « sec » et même de « très sec » dans une très grande majorité des cas.

Au cours du mois de mars, la situation s’est encore dégradée : les cours d’eau montrent des débits encore plus déficitaires (en particulier sur l’Orb).

  • L’Hérault est le cours d’eau le plus touché : l’étiagemesuré est d’occurrence trentennale, voir cinquentennale su la station de Laroque. Ces mesures sont habituellement rencontrées à la fin du mois de juillet.
  • L’Orb est moins durement touché : le tarissement correspond cependant à un étiage vingtennal.
  • Le Vidourle montre des débits mesurés tous les dix ans à cette saison.
  • Le Lez (au régime très influencé par les restitutions sur son parcours) et la Mosson présentent des débits d’occurrence quinquennale.

    3- Données du réseau ROCA

A la demande de la Mission Inter service de l’Eau , la brigade départementale du Conseil Supérieur de la Pêche a procédé à une première campagne de suivi dans le cadre du
Réseau d’Observation des Crises et des Assecs (ROCA), nouveau dispositif mis en place dans le département de l’Hérault en 2004.

Ce réseau compte 22 stations, dispersées sur l’ensemble du chevelu hydrographique départemental susceptible de s’assécher. Il complète le réseau de mesure de la DIREN.

Basée sur des observations réalisées selon des critères simples (Il y a de l’eau et elle coule - station bleu, il y a de l ‘eau et elle ne coule pas - station orange, il n’y a pas d’eau - station rouge), ce suivi permet d’appréhender l’évolution de l’étiage.

La première campagne menée le 1er avril 2005 (carte ci dessous) indique deux stations sèches (sur la Bénovie, affluent du Vidourle et sur la Mosson). L’ensemble des autres stations est en situation bleue (présence d’eau courante).

La carte établie suivant les observations du 1er avril 2005 est similaire à celle réalisée au 15 juillet 2004.

4- Remplissage des retenues artificielles

Les trois retenues artificielles du département disposent de taux de remplissage hétérogènes :

  • La retenue du Salagou (bassin versant de l’Hérault) est quasiment a son remplissage maximum (taux de remplissage de 97 % - reste environ 100 Mm3 d’eau stockée).
  • La retenue des Olivettes (bassin versant de la Peyne, affluent de l’Hérault), est remplie au deux tiers (taux de remplissage de 66 % - reste environ 3 Mm3 pour une capacité maximale de 4,4 Mm3).
  • Le barrage des Monts de l’Orb est à moitié de sa capacité (reste 15,3 Mm3 pour 30,6 Mm3 de capacité de stockage). Les quelques pluies de ces derniers temps contribuent légèrement à son remplissge.

    5- Ressources en eau souterraine

Les niveaux des nappes sont proches des minima observés ces dix dernières années sur les nappes alluviales de l’Orb ,de l’Hérault et également sur le karst du pli sud de Montpellier.

La nappe astienne (qui s’étend entre l’étang de Thau et Vias) présente des niveaux plus bas cette année par rapport à la normale et une piézométrie négative (représentative de valeurs inférieures à celles du niveau de la mer) est déjà constatée dans le secteur de Valras.( des mesures de renforcement des délestages sont d’ores et déjà mises en place dans le triangle Valras-Vendres-Sérignan)

La situation est cependant globalement moins inquiétante qu’à la même période en 2002 (année marquée également par un hivers très sec) avec des niveaux de nappe supérieurs de quelques dizaines de centimètres à plus d’un mètre par rapport à cette même période.

Les effets positifs de la réduction des prélèvements dans le bassin de Thau se font aussi sentir.

En raison de l’augmentation probable des prélèvements dans ce secteur(fréquentation touristique et arrosages), la vigilance est de mise.

Une deuxième campagne de mesures est prévue pour la mi-juin.

Le karst de la source du Lez exploitée par la ville de Montpellier a, d’après les derniers relevés dont nous disposons, atteint la côte de 50m NGF mais la substitution habituellement mis en œuvre via les eaux du réseau BRL (traitement sur l’usine de Portaly) n’est pas encore enclenchée (procédure mise en œuvre à partir de 45 mNGF).

La nappe de Mauguio / Lunel est caractérisés par des niveaux plus bas que la moyenne, les minima sont proches de ceux observés ces 10 dernières années.

Le karst à l’est de Montpellier montre des niveaux aquifères conformes à la normale mais en baisse.

Les petits aquifères, notamment ceux présents sur les Hauts Cantons, aux ressources très limitées et pour lesquels la ré-alimentation est intimement liée aux précipitations montrent des niveaux similaires à ceux mesurés normalement au mois d’août. Faute de pluies, ces aquifères devraient se tarir assez rapidement et mettre à mal l’alimentation en eau potable de certaines communes ou de certains hameaux.

6-Teneur en eau des sols

L’Association Climatologique de l’Hérault (ACH) évalue, sur la quasi totalité du département (à l’exception du Minervois), un déficit sur les réserves en eau des sols de plus de 200 mm. La végétation accuse bien évidemment le premier contre coup de ce déficit. Les cultures (et notamment la vigne), si les précipitations printanières ne sont pas conséquentes risquent de pâtir de ce manque d’eau.

Sur le Languedoc, même dans l’hypothèse d’une fin de mois d’avril et d’un mois de mai très pluvieux, il est peu probable que les sols profonds puissent recouvrer un bilan hydrique suffisant.

7- Milieux aquatiques

La faune et la flore aquatique ne sont pas encore en situation critique vis à vis de la sécheresse actuelle mais les premiers signaux d’alerte apparaissent . En raison de l’absence de crues cet hiver, les substrats sont restés colmatés et la reproduction de certaines espèces est compromise.

Des problèmes d’eutrophisation entraînant des nuisance olfactives ont été constatés sur l’Hérault.

Les eaux du Lez aval présentent des signes de manque d’oxygène dissous.

Les dysfonctionnements de certaines stations d’épuration risquent d’avoir des impacts sur les milieux aquatiques en raison de leur fragilité actuelle.

Les années à venir seront indéniablement marquées par une baisse de la populations des poissons tels que les truites ou les brochets.

8- Besoins en eau potable

Les principales collectivités contactées qui produisent de l’eau potable ne connaissent pas à l’heure actuelle de difficultés sur leurs prélèvements et la distribution aux usagers.

Il n’y a pas encore eu de portages d’eau par camions citernes.

La venue des beaux jours et les vacances scolaires vont marquer le début de la saison touristique, principalement sur la façade littorale. Il faut donc s’attendre à une évolution sensible des prélèvements d’eau pour faire face à l’afflux touristique (eau utilisée par la population et par les activités touristiques : remplissage des piscines par exemple).

9- Besoins en eau pour les activités agricoles

BRL a indiqué avoir enregistré une hausse sensible (+ 19 % par rapport à 2004, + 9 % par rapport à 2003) de la demande en eau ces derniers mois (de novembre 2004 à février 2005).

Cette hausse des prélèvements s’est accentuée à la fin mars (augmentation de 40 % par rapport à la même période les autres années).

En raison de la sécheresse des sols , les cultures nécessitent les premiers tours d’irrigation plus importants qu’en période normale.

Les producteurs de fruits et légumes et de maïs disposent, pour une grande majorité, des infrastructures d’irrigation collective du département régulièrement autorisées.

Les rendements des productions fourragères risquent d’être plus faibles qu’à l’accoutumée et il est certain que les cultures sèches sont déjà pénalisées.

10- Conclusion

L’étiage actuel des cours d’eau correspond à ce qui est généralement constaté deux à trois mois plus tard par rapport à cette même période de l’année.

La plus grande vigilance doit être observée .

P.-S.

Source et dossier complet (avec illustrations et schémas) : le site de la préfecture de l’hérault

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