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Historique sur le jeu de balle au tambourin

mercredi 28 mars 2007 , par Charles Patrice , Commenter

1- Naissance et évolution des jeux de balle

On peut penser que les premiers hommes lancèrent des galets, pour se défendre, puis pour jouer.
Un jour l’un d’eux renvoya l’objet qu’on lui avait lancé, avec la paume de la main ou avec le bâton qui lui servait d’arme.
Il venait d’inventer l’ancêtre des centaines de jeux de balle pratiqués aujourd’hui dans le monde.
Par la suite il fallut fabriquer un objet résistant, léger pour ne pas blesser les joueurs, élastique pour rebondir et arrondi pour avoir une trajectoire prévisible. Cet objet, c’est la balle.

1.1- Fabrication et évolution de la balle

Après plusieurs essais peu convaincants, les balles furent fabriquées avec une vessie gonflée d’air, parfois recouverte d’une peau, avec une ficelle roulée en pelote, ou encore avec une peau cousue et remplie de sable, de cendre jusqu’au jour où on inventa le caoutchouc.

1.2- L’apparition de règles

Un jour on traça une ligne au milieu de la place, pour pouvoir compter fautes les balles dont la trajectoire était trop courte. Plus tard, les autres lignes furent rajoutées, formant un terrain plus ou moins grand selon le nombre de participants. Les joueurs furent alors obligés d’envoyer la balle directement dans le camp adverse.
Des dizaines de règles furent donc inventées et donnèrent naissance à des jeux de balle très différents les uns des autres.

1.3- Fabrication et évolution de l’instrument pour frapper la balle

Au départ on se servait tout simplement de la main pour renvoyer la balle, ensuite on s’entouraient la main de bandelettes d’étoffe ou de cuir pour se la protéger.
Plus tard le gant remplaça les bandelettes.
Jugé trop petit par certains, le gant fut agrandi. Il devint rond et creux, cette spécificité fit qu’on l’appela le gant casserole.
Les battoirs de Lavandières donnèrent l’idée à certains de fabriquer des raquettes en bois.
La raquette en bois est lourde et ne renvoie pas la balle très loin.
C’est peut être pour cela que certains ont fabriqué des tambourins.
On les faisait en pliant une branche à laquelle, on attachait les deux bouts ensemble pour ensuite tendre par dessus une peau parcheminée.
Un jour les joueurs furent si nombreux que les peaux manquèrent. Un roi interdit leur utilisation afin de les réserver pour l’écriture. On fabriqua alors la raquette à cordage ( cordage fait en boyaux d’animaux ).

2- Apparition et évolution du jeu de balle au tambourin en Languedoc

1850/1870 : jusqu’à cette période on jouait en Languedoc au "jeu de Ballon avec Brassard".
Ce jeu se jouait à 5 contre 5 sur un terrain très long. Les équipes placées face à face, se renvoyaient une grosse balle ou ballon. Ce ballon de cuir était rempli à l’aide d’une seringue, d’un mélange de blanc d’œuf et de vinaigre, qui coagulait, rendant l’objet très dur. Avec un tel ballon, il était indispensable de se protéger la main. Les joueurs avaient choisi pour cela un cylindre de bois appelé : le brassard.
Le brassard languedocien était un cylindre de bois, dans l’intérieur duquel la main s’engageait avec force, et sur lequel elle avait prise solide grâce à une poignée transversale oblique. L’extérieur du brassard était hérissé de reliefs pyramidaux. Leur raison d’être était d’empêcher que le dur ballon dont on se servait ne glisse sur une surface trop lisse.
Cette pratique a laissé son nom aux places publiques qui servaient d’aires de jeu : place du jeu de ballon

1850/1900 : Deuxième moitié du 19ième siècle l’usage des balles en caoutchouc s’est répandu et a permis entre autre le développement du Tambourin.

1861 : Fabrication des premiers tambourins par des tonneliers de Mèze au bord de l’étang de Thau. Ils étaient faits avec un cercle en bois sur lequel on tendait de la peau de chèvres parcheminées et n’avait pas de poignées.
Un peu partout dans la région, les joueurs de brassard essayèrent ces tambourins. Le nouvel instrument était bien supérieur. Il renvoyait le ballon plus loin, et à grands coups retentissants.
Les brassards furent donc abandonnés.
Ces tambourins de l’époque fabriqués en peau de chèvre, se détendaient par temps humide, mais cela n’arrêta pas nos ancêtres qui allumèrent des feux au bord des terrains pour chauffer et retendre les peaux.
Les ballons quant à eux, furent remplacés par des balles en caoutchouc mieux adaptées au nouvel instrument.
Un instrument pour engager : Les joueurs ayant des difficultés à envoyer la balle suffisamment loin à l’engagement, imaginèrent le battoir, cercle plus petit que le tambourin et fixé au bout d’un manche flexible de micocoulier d’environ un mètre.
(A l’époque on jouait sur 100 m et l’engagement au battoir était obligatoire, aujourd’hui on joue sur 80 m et l’engagement au battoir n’est plus obligatoire.)
Cet instrument peut être pour celui qui sait s’en servir une arme redoutable, car il donne à la balle une vitesse extraordinaire, et la balle fouettée peut être amenée à bouger lors de sa trajectoire et cela d’autant plus que les conditions climatiques sont mauvaises (vent, pluie ).

Des Années 1860 aux années 1900 : le Tambourin était pratiqué lors de fêtes ou à l’occasion de défis. Il était très populaire au début du 20ième siècle, on y jouait un peu partout sur les places des petits villages du Languedoc.
Par la suite des concours organisés par les comités de villages se sont créés, ils permettaient de mettre en place un calendrier pour organiser des rencontres.

1909 : création du premier concours de Pézenas qui rassemblait les équipes situées le long de l’Hérault. Comme les règles étaient différentes entre les villages ; lors des rencontres, les équipes respectaient celles utilisées par l’équipe organisatrice.

Période d’après guerre : L’institutionnalisation du jeu de balle au tambourin a commencé après la première guerre mondiale avec la déclaration en préfecture des premiers clubs ainsi que celle d’une première fédération en 1923 qui malheureusement n’a pas survécue.
Elle avait mise en place un championnat du Languedoc qui respecté le rythme de vie des viticulteurs majoritairement représentés dans le Tambourin à cette époque.

Aux environs de 1935 : Le Tambourin a connu une crise qui a failli entraîner sa disparition. D’après Max Rouquette les raisons essentielles sont : le manque d’organisation ( pas de règlement unique, on négociait les règles avec les adversaires) ainsi que le manque de propagande.

1938 - 1939 : Mr Max Rouquette décida de créer la fédération française du jeu de balle au Tambourin en rassemblant l’ensemble des villages de l’Hérault où l’on pratiquait le Tambourin. 1939, fut donc l’année de renaissance du Tambourin.

1954 : Totalement par hasard Mr Max Rouquette en vacances en Italie découvrit que de l’autre côté des Alpes, les italiens s’adonnaient à un jeu qui ressemblait fort à celui que l’on pouvait voir pratiqué en France. Dès lors, les deux fédérations décidèrent d’unifier et de codifier les règles. La forme de pratique ainsi que le matériel italien, furent finalement adoptés par les deux parties.
Le tambourin italien à la différence du tambourin français était fait avec de la peau de mulet qui avait comme particularité de ne pas se détendre par temps humide, contrairement à la peau de chèvre qu’utilisaient les français. De plus il était équipé d’une poignée en cuir.

En Languedoc, le Tambourin était pratiqué sous la forme du jeu de "chasses" jusqu’en 1954. par la suite il a adopté celle du "jeu ouvert" des italiens qui est la forme de pratique actuelle.
Le "système des chasses" était caractérisé par une règle qui autorisait le joueur à faire fuser la balle à partir de ses pieds. L’équipe adverse devait alors l’arrêter, le plus tôt possible, car au changement de camp, l’équipe qui avait réussi à faire reculer la balle très loin, n’avait plus à défendre que le morceau de terrain où la balle n’était pas arrivée.

1955 : cette date marque la première rencontre France-Italie. C’est aussi à partir de cette date que les français commandèrent tout leur matériel en Italie.

1970/1980 : Evolution du matériel, avec tout d’abord l’apparition de toiles synthétiques et ensuite l’apparition de cercles en plastique.
Lors de cette période un autre changement est apparût avec la transformation des places de villages en parking. Ce changement est à l’origine de la disparition du terrain mythique des Arceaux et donc par conséquent du Tambourin à Montpellier. Par contre il à permis la multiplication et la réalisation de terrains spécifiques à la pratique du Tambourin.

1983-1984 : création de la seule et unique fabrique de tambourins en France qui se trouve à Balaruc les Bains.
Elle a été réalisé par des étudiants en BTS. Elle est unique en ce sens ou c’est la seule qui est équipée d’une technologie aussi développée. Elle peut fonctionner de manière totalement automatique.

1988 : Création de la Fédération Internationale de Balle au Tambourin à Montova en Italie.

1990 : La multiplication des gymnases fût à l’origine de l’apparition du jeu de balle au tambourin en salle avec l’utilisation d’un matériel adapté.

Années 90 : création de la Coupe d’Europe extérieure puis ensuite de la coupe d’Europe en salle.
Lors de cette période, on assiste à la multiplication des compétitions avec en plus des championnats de la coupe de France et des coupes départementales, l’apparition de trophées, de grand prix ou d’autres coupes ( Trophée Léopold Bellas, Trophée Marc Armet, coupe Nelson Paillou, Grand prix du conseil Général).

Chaque année des rencontres internationales France Italie se déroulent, une fois chez l’un, une fois chez l’autre. Les catégories représentées sont les moins de 16 ans ; moins de 18 ans, et les adultes hommes et femmes.

P.-S.

Cet article fait partie d’une série de trois :

Plus d’informations également sur le site internet de la FFJBT www.sport-tambourin-ffjbt.com

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