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Grotte de l’Hortus...préhistorique

mardi 18 novembre 2008 , par De Labrusse Olivier , 1  Commenter

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Falaise de l’Hortus, vue du mas de Rigaud (Combe de Fambétou)
Noter en zone basse la forêt de cépaies de chênes-vert (avec quelques zones d’éboulis non végétalisés). C’est dans cette zone que monte le sentier d’accès.
Noter, à la base de la falaise, la corniche (soulignée par un liseré végétalisé) : c’est à cet endroit que se trouvent les entrées Est et Ouest de la grotte.
La corniche permet de joindre, par l’extérieur, les 2 entrées.

  L’accès à la grotte :

Indications selon la carte IGN 1/25.000e, Ganges, 2742 ET, révisée en 2001.
Prendre la route D1 de Saint Mathieu de Tréviers à St Martin de Londres.
Dans la montée de la combe de Fambetou, prendre à droite (à peu près au niveau et dessous le château de Viviourès), en épingle à cheveux, le chemin carossable qui monte doucement vers le pied de la falaise.
On finit (au bout d’1 kilomètre environ) par être bloqué par une barrière (indiquée sur la carte IGN révisée 2001). Garer le véhicule.
Quelques mètres après la barrière, prendre à gauche un sentier dans les anciennes cépaies de chêne-vert , qui monte (lieu dit IGN « la Citernasse »), assez abruptement, vers l’entrée de la grotte.
Compter de 15 à 30 minutes d’efforts selon la condition physique.

Dans la montée repérer les anciennes charbonnières.

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Ancienne charbonnière
« Brûlé », zone plane – ou aplanie – avec terre noircie, d’une ancienne charbonnière, où se trouvait la « meule ». Noter à droite les vestiges de l’ancienne cabane de charbonnier, avec la porte orientée vers la meule pour surveiller sa carbonisation.
Noter également les cépaies de chênes-verts (composées, en général de 5 « brins »- petits troncs- autrefois régulièrement coupés, à partir de la souche, tous les 20 à 30 ans pour fournir le bois des meules).

  La grotte au Paléolithique et l’Homme de Néanderthal :

Chronologie :
De -55.000 ou -50.000 ans à -28.000 ans : Wurm II
Le Wurm est une des ères glaciaires, dont la dernière s’est terminée vers - 10.000 ans.
Mais à l’intérieur de cette ère, on distingue des variations climatiques, des phases plus ou moins froides, avec des phases de radoucissements.
En phases froides la végétation est de type steppique (comme, par exemple l’actuelle Mongolie).
En phases de radoucissement, la forêt de pins revient partiellement.
La faune « atteste des rigueurs du climat …avec des espèces froides (renne, renard polaire) ou d’espèces de zones escarpées (bouquetin) ainsi que l’ours, le loup, la panthère » (P. AMBERT, 1996, p.18)

Dans la grotte de l’Hortus des restes sont attestés pour les phases suivantes :

  • - 46.000 : Wurm II, phase IV A
    cerfs élaphes, chevaux, rapaces
  • -44.000 : Wurm II, phase IV B
    steppe : chevaux, aurochs
  • - 43.000 : WURM II, Phase V A
    steppe : chevaux
  • -40.000 : interstade glaciaire W A / W B :
    retour partiel des pins

Partie Est du fossé à l’entrée Est de la grotte : 56.000 à -50.000 ans

La stratigraphie de cette partie Est a été conservée, sur 7 mètres d’épaisseur (P. AMBERT, 1996, p. 17) à partir de ces dates, contrairement à la partie Ouest où elle n’a été conservée qu’à partir de -30.000 à -28.000 ans.

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Le fossé à l’entrée Est de la grotte de l’Hortus
Vue prise d’Ouest (1er plan) en Est (partie la plus étroite, au fond)
C’est dans cette dernière e la stratigraphie a été la mieux conservée (7 mètres d’épaisseur) permettant de retrouver du matériel archéologique datable jusqu’à – 47.000 ans.

Elle a révélé une occupation humaine de l’ Homme de Néanderthal, en particulier avec des silex du Moustérien (« culture » s’étendant de- 80.000 à -35.000 ans), avec la technique de taille Levallois.
Ces silex sont originaires du bassin de Londres, dans les calcaires blancs du Tertiaire, où les chailles de silex sont visibles.
Mais également des restes humains..

  Les restes humains, l’Homme de Néanderthal :

Chronologie :

  • De -50.000 à -47.000 ans :
    début de l’occupation humaine mais pas de restes humains
  • De – 47.000 à – 37.000 ans :
    Début des restes humains, de 21 individus, très incomplets,
    « étalés » sur 10.000 ans.
    Ces restes témoignent d’individus de toutes générations.
    Cannibalisme ? ou rituels post mortem ?
    Dans certains cas les os longs ont été systématiquement cassés, sans doute pour en extraire la moelle.
    Mais il est, aussi, à noter que ces os humains sont mélangés à des mâchoires de bouquetins, de chevaux, …
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Plan d’ensemble de la cavité
(H. de LUMLEY, 1972, p.11, fig.4) cité par J. VIAL « Carte archéologique de la Gaule, le Montpelliérais, 34/3« Académie des Belles Lettres, page 368.

  Sources documentaires :

Sources sur le Paléolithique :

  • Notes sur la visite, lors des journées de la Préhistoire de Valflaunès, le 31 mai 2008
  • P. AMBERT : le Paléolithique, pages 15 et 16 in LUGAND. M (sous la coordination de) : « initiation à l’archéologie de l’Hérault », Fédération archéologique de l’Hérault, 1996ISSN 0221-4792

Pour les périodes postérieures :
voir :

  • Jean VIAL : carte archéologique de la Gaule, le Montpelliérais, 34/3, pages 368 à 370, Académie des Belles Lettres, 2003, ISBN : 2-87754-083-9

Sources générales :

  • La Gazette de Montpellier n°790, du 25 au 31 juillet 2003, page 5 : article « Pic Saint Loup, le retour de Néanderthal »

P.-S.

VOir aussi un autre article avec des photographies : Grotte de l’Hortus

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