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Faut-il avoir peur des pesticides ?

mercredi 11 février 2009 , par Cades association , Commenter

Une série de conférences sur les pesticides a eu lieu l’automne dernier à l’initiative de l’association AGIR à Saint Bauzille de Montmel.

Voici un bref résumé de l’exposé des différents intervenants de la soirée de novembre 2008.

  Pesticides ou produits phytosanitaires : de quoi s’agit-il ?


Intervention de M.Angelo Sanfilippo, ingénieur chimiste à Sofia Antipolis et animateur pour le MDRGF (Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures).

Littéralement pesticide signifie "ce qui tue la peste" mais les fabricants de ces produits chimiques préfèrent dire "phytosanitaire" qui a une connotation positive : "ce qui soigne la plante".
Tout d’abord, les chimistes ont cherché les moyens d’accroître les rendements agricoles. Malheureusement ils ont oublié le principe de précaution. Il faut dire que le marché semblait prometteur ! Biodégradabilité, durée de vie et incidence sur la fertilité des sols, toutes ces questions n’ont, semble-t-il, pas fait l’objet d’études approfondies. [1]
Dans le cas du Round-Up, par exemple, l’entreprise Monsanto a déclaré le produit biodégradable pendant des années. Cependant ces molécules se sont avérées en réalité extrêmement stables : leur durée de vie dépasse une génération. Nous n’avons d’ailleurs pas encore assez de recul pour l’estimer.
 [2]

D’autre part, ces produits chimiques pénètrent les sols et sont entraînés aussi loin que l’eau les emporte. En France, ils ont ainsi pollué 75% des eaux superficielles et 57% des eaux souterraines sans oublier l’atmosphère. Aujourd’hui, 80% des fruits et légumes sont contaminés et présentent des valeurs résiduelles dépassant de 8,9 % les normes autorisées.

  En quoi ces produits sont-ils nocifs pour l’homme ?


Intervention de Madame Françoise Paris, Endocrinologue, assistante du Professeur Sultan au CHRU de Montpellier

Quel est le rapport entre pesticide et endocrinologie ? Les pesticides ont une structure moléculaire proche de celle des hormones. Il y a déjà 20 ans, en étudiant la faune, les chercheurs ont mis en évidence des anomalies de la reproduction : qualité et vivacité des spermatozoïdes, troubles de la différentiation sexuelle, retards de croissance in-utéro et anomalies du développement neurologique. Suite à cela, en recherche expérimentale, des animaux ont été exposés à ces substances : il a alors été prouvé que les pesticides agissent sur les glandes endocrines et thyroïdiennes.

Ces recherches ont également montré que ces produits s’accumulent dans les tissus adipeux (graisse), ils passent la barrière placentaire et passent également dans le lait maternel. De plus, il existe un effet transgénérationnel, c’est-à-dire que les troubles se remarquent également sur les descendants des animaux intoxiqués sans qu’ils aient été exposés aux produits. Cependant s’il existe des preuves scientifiques quant à l’intoxication des animaux, il est difficile de prouver leur toxicité sur l’homme.

Pourquoi ?
On constate des cas de différentiations sexuelles et d’infertilité dans les services d’endocrinologie. D’autres services font état de recrudescence de cancers hormonaux dépendants (cancer de la prostate, du sein, etc.). Cependant, il n’est pas possible pour le corps scientifique d’incriminer directement les pesticides car ces troubles peuvent être plurifactoriels. Aucune étude n’a été menée, à ce jour, pour comparer une population exposée à une population témoin non-exposée sur un long terme. D’autre part, les chercheurs étant tenus par une obligation de résultats (car les études sont coûteuses) ils n’ont pas entière liberté. D’ailleurs qui financerait de telles études ? Il y a un tel lobby sur les médecins et les chercheurs !

  Qu’en est-il de l’agriculture bio ?


Intervention de Monsieur Gérard Chave pratiquant l’agriculture biologique depuis 40 ans, Fondateur de TEP (Terre, Espace et Plantes.

Les produits de l’agriculture bio présentent plus d’anti-oxydants (ou polyphénols) que les produits issus d’une agriculture conventionnelle. Les anti-oxydants agissent directement sur les radicaux libres (molécules responsables du vieillissement). Chaque plante possède des anti-oxydants différents c’est pourquoi une alimentation diversifiée sera meilleure pour la santé.

Les plantes se nourrissent à partir des racines mais aussi à travers la tige et les feuilles. Ce sont les racines microscopiques appelées radicelles qui, à 4 ou 5 cm du sol, absorbent les sels minéraux et les produits phytosanitaires quand il y en a.
La substance pompée par les racines se mélange à la sève de la tige (sève brute). A partir de là, les feuilles produisent la sève élaborée en absorbant de l’eau par leurs micro pores et en transformant le CO2 ambiant lors de la photosynthèse. La sève élaborée permet à la plante de grandir et de se développer.
Les plantes captent très rapidement les engrais azotés et s’en surchargent. Dans les fruits et légumes que nous consommons se retrouvent les pesticides et les engrais. Et pourtant, pour apporter de l’azote à un sol naturellement il suffit de planter du trèfle blanc.

Pour conclure, Monsieur Chave a donné quelques conseils pour faire un bon compost. Il existe différents types de sols qui seront travaillés différemment selon les cas. Un sol est vivant quand il y a de l’humus. L’humus est le résultat de la décomposition d’éléments végétaux (principalement), minéraux et animaux (déchets organiques, bactéries, ferments, champignons...). Il est important de ne pas retourner le sol pour respecter l’équilibre des différentes couches d’humus. (Un humus riche et équilibré est constitué de 2/3 de matières carbonées et d’1/3 de matières azotées.)

Faire un bon compost, bien travailler le sol, diversifier les plantations, ... tout cela permet d’éviter l’utilisation de produits chimiques et contribue au respect de l’environnement, de la faune et de la flore tout en préservant notre santé.

 [3]

Notes

[1[Il existe trente familles de pesticides englobant en tout un millier de molécules. Fongicides, herbicides, insecticides, ..., environ 440 substances sont autorisées.

[2La France est le 1er consommateur européen de pesticides et le 3ième mondial.

[3Inquiétant ! Par un décret daté du 29 novembre 2008, le gouvernement vient de supprimer l’Ifen, l’Institut Français de l’Environnement. L’Ifen était le fournisseur de données objectives sur tous les sujets touchant à l’environnement, il évaluait les politiques menées et publiait régulièrement un rapport sur l’état de l’environnement en France. Les statistiques et l’observation de l’environnement passant désormais sous le contrôle du ministère du Développement Durable, les informations qui fâchent risquent de n’être jamais publiées ! (source : Que Choisir, n°466 – janvier 2009)

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