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Au coeur du causse de Viols-le-Fort et de ses chênes centenaires (1/2)

mardi 17 mars 2009 , par Caumont Daniel , Commenter

A moins d’une demi-heure de Montpellier, se dépayser quelques heures sur le causse Viols-le-Fort – Cazevieille est un privilège dont il serait bien dommage de se priver. On pourra y découvrir un immense terroir sauvegardé au sein duquel paissent encore quelques troupeaux de moutons, les derniers sans doute d’une longue et florissante tradition pastorale locale. Ca et là, enracinés dans la puissante roche calcaire quelques grands chênes centenaires tendent encore leurs branches tentaculaires…

Le Causse Viols-Le-Fort - Cazevieille plus familièrement connu sous le nom de « plaine de Seuilles » est caractérisée dans le paysage des garrigues par le relief hardi du Pic Saint-Loup dont les 658 m se dressent au-dessus de grandes étendues chaotiques de lapiazs où s’enracine une solide végétation.

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Causse de Viols-le-Fort avec le pic Saint-Loup

Du sommet du Pic Saint-Loup, le causse Viols-le-Fort – Cazevieille se présente tel un vaste plateau hérissé d’un cortège de collines (Puech de Caucaliés, Les Suques, La Malarasse, Bois de Sauzet) d’aspect monotone évoquant notamment sur ses bordures septentrionales et méridionales quelques dunes de sable aux formes souples et arrondies couvertes de chênes verts.

Les puissantes racines de ces avants monts entaillés de ravins et de combes souvent sinueuses (Déridière, combe de Mortiés) s’orientent vers le sillon verdoyant du Lez au sein duquel les pittoresques villages de Saint-Jean de Cuculles et des Matelles s’abritent du nord.

Au sud-ouest, en direction du village de Viols-le-Fort, puis vers le sud, cette grandes masse de garrigues regroupe un cortège de petites unités géographiques (Le Closcas, Bois de l’Asse, Boscorre), découpées par un important réseau hydrographique (ruisseau de Saugras, de Corbières, de la Garonne, de la Mosson) dont les bassins d’Aniane, Montarnaud et Grabels constituent les prolongements méridionaux.

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Causse de Viols-le-Fort

L’ensemble de ce vaste soubassement méridional est une grande dalle calcaire incluse dans un triangle de trente cinq kilomètres carrés compris grossièrement entre les villages des Matelles, Cazevieille et Viols-le-Fort.
La route D.986 (Montpellier-Ganges) raye cette étendue du nord-est au sud-ouest en une longue ligne droite sur laquelle viennent se greffer la D.113 et la D.113e, petites routes qui permettent de rejoindre les communes de Cazevieille, Viols-en-Laval (Cambous) et Viols-le-Fort.

Pour sortir de cet axe routier principal qui traverse l’immense plateau constitué par la partie centrale de cette région, un réseau de chemins et de pistes, certaines récentes, permet de s’engager au-delà de toute civilisation, en plein cœur de ce causse, où les troupeaux, entre deux exercices d’entraînement militaire, viennent encore paître paisiblement. Notre découverte s’intéressera à la partie occidentale de cette région, c’est-à-dire à celle qui s’étend dans un axe compris entre les villages de Viols-le-Fort et des Matelles. La plaine de Seuilles étant quant à elle située à la base même du Pic Saint-Loup et au sud-sud-ouest.

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Calage

C’est à partir du lieu dit le "Relais des Chênes", ancienne maison cantonnière puis relais routier dans les années 1960, située en bordure de la route de Ganges, qu’il est possible de traverser paisiblement ce causse par un bon chemin (D.127e). Ce dernier conduit à Viols- le-Fort en passant par les magnifiques fermes typiques que sont les bâtisses de Lavit et de Pratx, et non loin des bâtisses mystérieuses de Calages.
Ce dernier traverse une partie de ce causse cédé depuis quelques années à l’armée, évitant une zone de manœuvre bien délimitée (à ne pas emprunter le mercredi) et rejoint au bout de 6 kilomètres la petite route de Viols-le-Fort (D.127). C’est en faisant un aller et retour sur ce chemin que nous pourrons facilement découvrir cette région typique des garrigues nord-montpellièraines.
Nous ne nous éloignerons pas toutefois de ce dernier bien tracé, et le long duquel nous aurons l’occasion de nous arrêter plusieurs fois pour contempler de magnifiques chênes centenaires. Ces arbres majestueux appelés par les anciens des « réserves », ont été jadis épargnés des coupes de bois en raison de leur situation, délimitant par leur stature imposante une limite de propriété ou carrément un angle de cette dernière.

« L’hiver, les chênes lourds et vieux, les chênes tors,
Geignant sous la tempête et projetant leurs branches
Comme de grands bras qui veulent fuir leur corps,
Mais que tragiquement la chair retient aux hanches, »

(Emile Verhaeren)

Dés le départ, et à une centaine de mètres de l’auberge, le chemin (récemment dévié pour éviter un enclos dans lequel sont parqués des taureaux, s’engage dans le « bois de l’Ane ». Ce bois est une chênaie très clairsemée qui s’enracine parmi les innombrables chaos de rochers et pierriers. Ces « lapiazs », terme consacrés pour désigner les

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Causse de Viols-le-Fort

crevasses qui cisaillent le calcaire sur des étendues parfois très vastes de plusieurs kilomètres carrés, sont çà et là taraudés par des orifices de grottes et avens dont certaines permettent d’atteindre des réseaux importants de galeries. L’un d’entre eux situé juste en face de l’auberge du Relais des Chênes permet avec ses cent soixante mètres de profondeur d’atteindre la vaste nappe d’eau souterraine qui alimente la source du Lez. Entre les villages de Viols-le-Fort, Les Matelles et Saint-Martin de Londres ce ne sont pas moins de 450 cavités qui y sont recensées, lesquelles contribuent par leur densité de chenaux et galeries verticales à alimenter cette source dont la ville de Montpellier tire les plus grands bénéfices. En accédant à ce causse nous découvrons en fait un des immenses château d’eau qui collecte les eaux pluviales en faveur de cette dernière.

Au bout de trois cents mètres environ, et au niveau d’une patte d’oie, le chemin principal évite un chemin qui part sur la gauche (cote 228) et que nous n’emprunterons pas. Le nôtre, tout en en suivant la topographie du terrain, s’incline progressivement vers une petite vallée qu’il traverse (cote 206) pour remonter ensuite. Il se poursuit en laissant des pistes qui partent vers la droite ainsi que celles, plus importantes fermées par des barrières, qui sur la gauche conduisent à Calages.

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Chêne pubescent


Ce site de Calages, remarquablement situé sur un point haut du causse et autour duquel sont parqués en semi liberté de magnifiques taureaux, cache jalousement les vestiges d’une ancienne ferme fortifiée, plus beau fleuron de ce causse et sans doute de l’ensemble des garrigues de la périphérie de Montpellier. Nous ne pourrons hélas visiter cette dernière car elle située dans une propriété privée dans laquelle il est formellement interdit de pénétrer.

Le chemin remonte progressivement et passe au lieu-dit « Les Trois Chênes », lieu mythique qui autrefois recensait trois imposants chênes centenaires. Ces fameux arbres aux branches toutes déployés sur plusieurs dizaines de mètres.
Nous en admirerons un très beau spécimen, situé en bordure droite du chemin ; car les deux autres, frappés par la foudre, ont aujourd’hui disparu.
Après une petite pause sous cet arbre majestueux, on reprendra le chemin qui se poursuit par une très longue ligne droite pour découvrir la gauche les vastes bâtiments de la ferme de Lavit (cote 215).

C’est à partir de cette dernière qui se confond avec la D225 désormais goudronnée que nous pouvons continuer notre balade jusqu’à la superbe ferme de Pratx et de sa mare.
Mais, il faudra ensuite revenir sous nos pas… après une bonne après-midi de promenade au pays du thym et des arbres majestueux.

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